Méditation sur la beauté et l’embrasement érotique

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Derrière ce titre accrocheur, se cache un texte écrit par Fabrice Midal dont j’apprécie beaucoup l’approche pédagogique sur la méditation et le développement personnel.

En le lisant un matin dans le métro, de retour d’une semaine de vacances, j’ai été frappée par le lien qu’il faisait entre la beauté et la présence. Je n’avais jamais fait ce rapprochement ainsi. C’est une découverte que je partage avec vous.

Si vous souhaitez savoir si le sens de l’esthétique est un de vos talents, vous pouvez le découvrir en répondant à un questionnaire sur le site viame.org, qui listera vos 24 forces de caractère. Intéressante cette approche pour mieux se connaître, vous verrez.

Revenons à Fabrice Midal, et son livre, que je vous recommande chaudement : Comment la philosophie peut nous sauver, éditions Pocket Flammarion, 2015. C’est mon livre repère et refuge, j’y puise inspiration et douceur. Fabrice Midal sait rendre à la philosophie son essence pratique, comme guide dans nos vies au quotidien.

Extrait (page 227) : « L’expérience d’Eros se manifeste au premier chef quand nous faisons face à la beauté. Il y a pour chacun de nous des choses ou des êtres qui suscitent un véritable choc tant ils sont beaux.

Platon nous invite à considérer qu’est beau ce qui irradie de présence – et non ce qui me plaît ou me touche, comme nous aurions tendance à le penser. Faites ce renversement, vous verrez, il est salutaire : ce qui est beau, au lieu de le ramener à un sentiment, voyez-le comme un sommet de présence qui vous tend la main, qui vous appelle.

Mais à quoi vous appelle-t-il ? Il vous appelle à désirer être plus amplement. Le beau vous rappelle l’énigme de ce qui vous manque pour être plus pleinement.

Tel est ce qu’éprouve le jeune Alcibiade auprès de Socrate : « Quand je l’écoute, en effet, mon coeur bat plus fort que celui des Corybantes en délire, ses paroles font couler mes larmes. Or en écoutant Périclès et d’autres bons orateurs, j’admettais sans doute qu’il parlait bien, mais je n’éprouvais rien de pareil, mon âme n’était pas bouleversée, elle ne s’indignait pas de l’esclavage auquel j’étais réduit. »

Nous est ainsi décrit le mouvement érotique : frappé au plus profond de votre être, vous ne supportez plus l’esclavage où vous êtes d’une manière ou d’une autre plongé. Votre vie ordinaire semble grise et sans saveur par contraste avec la beauté irradiante. Plus rien ne vous importe que cet appel qui tout à la fois vous permet de rejoindre l’être aimé, mais aussi d’être enfin plus amplement.

Voilà l’essentiel de l’expérience érotique : la beauté éveille en l’humain un désir qui le soulève et l’élève. C’est pour cela qu l’expérience de la beauté est si décisive. Elle n’est pas là pour nous donner juste du plaisir. Elle nous réveille, elle nous appelle à être plus amplement qui nous sommes. Elle nous rend des êtres de désir.

Or, ce désir, qui est Eros, est en son fond amour de la vérité, philo-sophos, souci intense de savoir et de comprendre. »

Je vous souhaite un bel été.

Pour en savoir plus sur Fabrice Midal : apprendre à méditer.

Autre article publié sur la méditation.

Une émission en huit épisodes cet été sur France culture : Narcisse accusé non coupable.

Fabrice Midal, docteur en philosophie est le fondateur de l’Ecole Occidentale de Méditation. Dans sa série d’été, vous découvrirez que Narcisse est non seulement un accusé non coupable de l’égocentrisme, de l’oubli des autres, voire de la perversion dont on l’accuse, mais aussi ce que cache cette injuste condamnation, ce qu’elle révèle de la violence inapparente de notre temps, de la négation du sens originel de la culture.

 

 

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