Boîte à outils du quotidien pour rester zen

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Illustration de la couverture du magazine Flow,une belle découverte ! https://www.etsy.com/fr/shop/janethillstudio. « L’avenir appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves » — Eleanor Roosevelt (1884-1962)

En cette période inédite de confinement (mars-avril 2020), voici une mise à jour de mon article mis en ligne en 2017. Si ces quelques suggestions peuvent vous aider à utiliser votre temps autrement, à porter un regard différent sur votre vie et votre quotidien, j’en serais ravie.

Je ne sais pas vous, mais j’aime bien engranger des idées, des trucs et astuces, qui semblent simples, mais qui peuvent s’avérer sacrément efficaces dans les instants de doute, de baisse de tonus ou de confiance, quand il faut faire face à un moment difficile, préparer une présentation à enjeu, ou faire barrage aux phrases créaticides, à la mauvaise humeur ou aux comportements inadéquats.

Je vous livre quelques pratiques, outils ou expériences qui m’ont aidée ces derniers mois, et si vous en avez d’autres, partagez-les en commentant ci-dessous cet article :

♥ Finir sa journée avec la master class du bonheur sur scène, avec Audrey Akoun, Isabelle Pailleau et Florence Servan-Schreiber : énergie tonique assurée ! J’y suis allée avec ma fille pour nos anniversaires respectifs. Quel moment d’émotion partagée ! Je vous conseille d’y aller avec vos ami.e.s, vos enfants ou votre conjoint.e. On y apprend à respirer, s’écouter, s’amuser, parler à des inconnus, et se rappeler que chaque jour, un kif nous attend et égaye notre quotidien, si l’on veut bien y prêter attention.

♥ La commencer avec la voix si douce de Marie-Pier Charron, et ses matins magiques. Ou avec Pascale Picavet, qui nous amène à harmoniser nos chakras avant un rendez-vous à enjeu ou une journée chargée.

Méditer, même 10 minutes, en s’essayant à une pratique quotidienne, si possible : avec la voix de Bernard Giraudeau, ou avec l’enseignement de Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste zen.

Fabrice Midal nous explique aussi et simplement ce qu’est la méditation et comment méditer.

♥ Pour préparer un rendez-vous important ou apaiser les tensions pratiquer la cohérence cardiaque. De quoi s’agit-il ? Florence Servan-Schreiber synthétise l’approche dans son livre La Fabrique à kifs, page 58, Editions Marabout, 2016 : « La variabilité cardiaque est un indicateur de l’agitation de notre système nerveux. En la mesurant à l’aide d’un capteur spécial placé sur l’extrémité d’un doigt, il est possible de visualiser notre état de remous ou de calme intérieur. Une respiration volontaire active notre système nerveux parasympathique, la partie de notre organisme qui est responsable, entre autres, du repos. Son contrepoids, le système sympathique, est en charge des accélérations, dont nous avons tout aussi besoin pour naviguer au quotidien. Etre en cohérence cardiaque signifie que nous sommes parvenus à alimenter nos deux systèmes nerveux : sympathique et parasympathique. Nous sommes alors dans un état neutre de ressource, et non dans un état de relaxation. Nos idées s’éclaircissent, nos préoccupations s’apaisent et nous reprenons le contrôle du fil de nos sensations. » Télécharger l’application de Symbiofi pour s’entraîner.

S’inscrire à l’atelier Voix, souffle et corps de Françoise Thérizols : moment intense que j’ai eu la chance de vivre il y a quelques semaines et que je recommande chaudement.

Poser sa voix : télécharger l’appli gratuite Vocal’iz pour iPhone et Android, qui délivre des conseils et exercices simples pour une meilleure connaissance de cet instrument naturel et précieux, après avoir identifié votre tessiture (ténor, mezzo, baryton, alto …).

♥ Prendre une décision sans stress :

  • Bien se connaître, en identifiant ses qualités, 24 sont recensées dans l’inventaire des forces de caractère de Martin Seligman et Christopher Peterson. Les 24 qualités sont classées par famille : sagesse, tempérance, courage, humanité, justice, transcendance (La Fabrique à kifs, page 82, Editions Marabout, 2016). En résumé, les six piliers qui nous permettent de bien vivre avec nous-même et de nous épanouir dans notre relation aux autres et au monde. Vous pouvez remplir le questionnaire gratuitement en ligne sur http://www.viame.org.
  • Passer le test (gratuit) de personnalité simplifié MBTI, en 10 minutes, pour mieux se cerner et obtenir une description concrète et exacte de qui vous êtes et de la raison pour laquelle vous faites les choses de la façon dont vous les faites.
  •  Ecrire sur une feuille les avantages / inconvénients d’une décision à prendre, avec la 1e solution dans une colonne.  Poser votre stylo, asseyez-vous bien droit.e sur une chaise, les pieds part terre et pratiquer 5 mn de cohérence cardiaque devant votre ordinateur ou votre mobile ; écrivez la 2e solution dans la colonne d’à côté (avantages /inconvénients) ; pratiquez à nouveau 5 mn de cohérence cardiaque dans les mêmes conditions ; Relisez le contenu dans les deux colonnes et sentez ce que votre corps vous signale à ce moment-là. Laissez reposer, et relisez vos notes le lendemain. Avez-vous la même sensation que la veille ? Si oui, vous avez choisi.
  • Autre possibilité, bâtir une carte mentale, très utile pour faire l’inventaire en toute créativité de toutes les possibilités qui s’offrent à vous, et aux qu’elles vous n’auriez pas pensé spontanément. Plusieurs outils numériques existent, testez-les.
  • Intéressant, un elearning sur Linkedin conçu et animé par Todd Dewett.

Et quand le spleen déborde, dans le désordre :

Enfin, à (re)découvrir, la puissance de la gratitude, ô combien ressort vital.

L’écoute n’a qu’un seul but : permettre à l’autre de vider son cœur.
Si vous pratiquez ainsi, la compassion sera toujours là. Si la conscience est là, je suis sûr que vous savez tous ici que la haine, la violence et la colère ne peuvent être neutralisés et guéris que par une seule substance : la compassion ”. Thich Nhat Hanh

« L’avenir appartient à ceux qui croient
à la beauté de leurs rêves
 » — Eleanor Roosevelt (1884-1962)

En pleine conscience

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De retour de congés, en pleine forme, j’aimerais vous faire partager une de mes découvertes : le village des Pruniers en Dordogne. Si vous vous intéressez à la méditation et à la pleine conscience, je vous invite à écouter l’enseignement magistral de Thich Nhat Hanh, maître zen fondateur du village des Pruniers, dont voici quelques fondamentaux :

« Pour cultiver la paix, la joie et le bonheur, on a besoin d’énergie. Et la première sorte d’énergie est appelée pleine conscience, « smrti » en Sanscrit. La pleine conscience est une énergie qui nous permet d’être là, dans l’instant présent. Quand on respire en pleine conscience, on peut ramener l’esprit vers le corps. Chaque souffle, chaque pas que l’on fait, peut nous aider à revenir dans l’instant présent. La pleine conscience est porteuse de concentration, la deuxième sorte d’énergie. Si ces deux premières énergies sont assez puissantes, elles feront émerger la troisième, la vision profonde. Méditer, c’est cultiver l’énergie de la pleine conscience, l’énergie de la concentration, l’énergie de la vision profonde, afin d’atteindre la joie, le bonheur et la paix.

Les huit exercices de la pleine conscience :

  • Je reconnais, je suis conscient que j’inspire et que j’expire
  • Je suis le parcours de l’inspiration et de l’expiration jusqu’au bout
  • J’inspire et je suis conscient de l’existence de mon corps
  • J’inspire et je calme mon corps, je relâche mon corps
  • Je génère la joie
  • Je génère le bonheur
  • Je reconnais une sensation douloureuse
  • Je prends soin, j’embrasse la souffrance

La pratique nous aide à être conscient de l’énergie de l’habitude, énergie destructrice, léguée par nos parents et nos ancêtres. La reconnaissance suffit. Le pratiquant doit éprouver joie et plaisir dans la méditation en pleine conscience, c’est important. »

Les clés de la psychologique bouddhiste par Thich Nhat Hanh toujours dans la même vidéo (à partir d’1h23) : ici.

Définition apportée par Jon Kabat-Zinn dans son ouvrage Méditer, 108 leçons de pleine conscience, édition Marabout, 2010 :  » La pleine conscience est la conscience sans jugement de chaque instant, que l’on cultive en prêtant attention. Elle peut être renforcée par la pratique. Cette pratique est parfois appelée méditation. » Il ajoute plus tard que « la méditation est une façon d’être, non une technique. Le but de la méditation n’est pas de tenter d’accéder à un ailleurs, mais de permettre d’être exactement là où l’on est, tel que l’on est, et de permettre au monde d’être exactement tel qu’il est à cet instant même. C’est un acte d’amour radical, un geste intérieur de bienveillance et de bonté envers soi-même et les autres, un geste du coeur qui reconnaît notre perfection, y compris dans notre évidente imperfection.

A l’occasion de la 3e édition du Forum international de l’évolution de la conscience, Matthieu Ricard explique comment nous pouvons transformer notre conscience grâce à la méditation.

En pratique, pour aider ceux qui comme moi sont sur le (long) chemin de la pratique, voici quelques sources pour y parvenir : Trois minutes à méditer, les conseils de Christophe André, les applications pour se détendre et méditer.

Un atelier avec Christophe André pour s’initier à la méditation en pleine conscience, prochaine rencontre le 14 octobre.

Leadership en mouvement et la série Game of Thrones

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Pour compléter l’article publié récemment, on retrouve dans la série Game of Thrones la notion de mouvement associé au leadership, au centre de l’atelier co-créé et co-animé avec Elodie Bergerault de Danaïade, que je propose dans mes domaines d’intervention.
Dans l’article Cinq leçons de leadership à tirer de la série Game of Thrones, on y lit ainsi qu’un leader doit, selon Yaël Gabision (Smartside), « savoir mettre les gens en mouvement. Il est magnanime, protecteur, reconnaissant, exemplaire… »
Le leader est donc non seulement en mouvement, mais il contribue aussi à mettre les autres en mouvement.
Les cinq leçons :
  1. S’adapter pour survivre
  2. Capitaliser sur ses forces… et sur ses faiblesses
  3. Susciter l’adhésion
  4. Gérer les luttes de pouvoir
  5. Surveiller sa réputation auprès de ses pairs

Dans le même registre, je vous recommande l’interview vidéo d’Edgard Grospiron, ancien champion de ski de bosses, aujourd’hui consultant en management pour les entreprises, sur le site horizon entrepreneurs.fr.

Pour lui, la motivation d’un entrepreneur ou d’un leader se cultive, « ce n’est pas un don du ciel, c’est une énergie qui s’entretient, qui se transmet, qui se reçoit. Le travail à faire pour entretenir cette motivation : avoir une vision qui a du sens, toujours renouvelée, avec une stratégie, et prendre du plaisir aussi, en se centrant avant tout sur ce que l’on sait faire de très bien. J’ai pu durer et réussir au plus haut niveau dans le ski en capitalisant sur ce que je savais faire le mieux. »
Qu’est-ce qu’un bon patron ? Pour Edgard Grospiron, c’est quelqu’un qui « sait créer un espace d’aventure et de conquête pour que chacun de ses collaborateurs y voit un lieu d’accomplissement. C’est ça le métier de dirigeant : c’est faire réussir ses équipes dans ses aspirations et ses résultats. Lorsque je suis arrivé dans le ski, je voulais gagner. Mes entraineurs m’ont fait prendre conscience que si je voulais gagner, il fallait que je grandisse, que je maîtrise mon art, que je prenne ma vie en mains, et des responsabilités. Et puis aussi que je sois heureux dans ce que je faisais. A partir de là, les résultats arrivent parce que les conditions ont été créées pour que les résultats arrivent ».

 

 

 

Le leadership en mouvement

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Photo prise de lors de la réunion annuelle des Essenti’Elles avec une chorégraphie dansée par les 200 participants de la salle, un grand moment de vitalité et de joie partagées !

J’ai la chance d’avoir rencontré Elodie Bergerault de Danaïade, experte en mouvement, chorégraphe, et ensemble, nous avons conçu un atelier sur le leadership, à destination des femmes du réseau Essenti’Elles de BPCE.
L’atelier Elles bougent !  invite les participantes à bouger et à s’interroger sur la posture du leader. La promesse : « ouvrez vos perceptions, lâchez vos préjugés, surprenez-vous et voyagez dans votre corps… » En co-animation, nous proposons avec Elodie une expérience inédite, créée sur mesure pour les Essenti’Elles.
Si vous êtes intéressé, contactez-moi pour en savoir plus.
Pourquoi le leadership me direz-vous ? Encore un mot à la mode dans les entreprises… Et pourtant, pour briser le fameux plafond de verre, les femmes ont leur part à jouer pour se libérer de leurs peurs, freins, auto-censures, et soumissions en tous genres. Ce qui ne dédouane pas les entreprises d’une action volontariste contre les préjugés de recrutement, de management ou de promotion, et des réformes structurelles indispensables à mettre en oeuvre (en matière de salaire, formation, accompagnement, mobilité…), pour que les femmes accèdent à des postes à responsabilité et tout simplement par équité.
Les ouvrages abondent sur le sujet, et depuis ces dernières années en particulier à destination des femmes pour qu’elles osent ! Je suis plutôt réservée sur l’injonction, qui peut laisser trop vite croire que les femmes sont seules responsables de leur impossibilité à évoluer dans leur entreprise (parce qu’elles n’oseraient pas) : trop facile. Il y a les individus, et il y a le système, qui facilite ou non la mixité et la diversité d’une manière générale, la mobilité et la transversalité, la prise d’initiatives et l’autonomie, ou les relations au travail transgénérationnelles par exemple.
A ces réserves, j’ajouterais une exception : le livre de Nathalie Loiseau, remarquable d’intelligence et d’authenticité. Son titre : Choisissez tout, Éd. JC Lattès. Il est remarquable, car il incite les femmes à revoir leur relation au travail, à la famille et aux hommes. C’est un électrochoc, qui a pour mérite de bousculer femmes et hommes dans leurs certitudes, et qui met en lumière les conditionnements intériorisés par les femmes depuis toujours.
Une vigilance : ne surtout pas tomber dans le travers qui fait florès aujourd’hui dans les conférences ou sur Internet, le soi-disant leadership spécifiquement féminin. Cet article explique bien en quoi c’est un piège dangereux pour les dirigeantes.
Le blog EVE, très bien fait, sur l’égalité femmes / hommes et se faisant l’écho des programmes mis en oeuvre par quelques grandes entreprises. Revue du web sur le leadership, à lire ici.
Pour concevoir cet atelier, j’ai fait quelques recherches sur la notion de leadership. Sa définition tout d’abord :  ce qui a trait à l’influence dans un groupe, et plus particulièrement les conditions d’exercice de l’autorité dans les organisations (mot anglais utilisé en France par Alfred Binet dès le début du XXe siècle).
De nombreux chercheurs se sont penchés sur cette question, en particulier aux Etats-Unis et dans d’autres pays, dont la France. Pour revenir sur l’historique des recherches et études entreprises sur le groupe et l’influence, je conseille les lectures suivantes :
En synthèse, à retenir :
La publication, en 1895, de La psychologie des foules de Gustave Le Bon est un événement important dans le paysage français. Le Bon y propose des solutions pour ne pas se laisser gouverner par la foule. C’est un succès immédiat, mais le terme que l’auteur emploie dans son ouvrage n’est pas tant celui de chef que celui de meneur. Ainsi, Le Bon est, dès sa parution, traduit simultanément en anglais, en allemand et en russe, et le psychologue français Alfred Binet, qui fait partie du comité de rédaction d’une revue de psychologie américaine, en fait aussitôt un compte rendu très négatif. Le premier texte de psychologie du leadership date de 1904 et est écrit par un Américain, Lewis Terman, qui, inspiré par le test de Binet qui vient d’être publié, sera l’un des inventeurs du concept de Quotient intellectuel.

Taylor, qui construit une théorie parfaitement déterministe sur l’organisation du travail, n’est pas étranger à ce vocabulaire et, lors d’une conférence qu’il tient à Harvard en 1909, il vante « les dons rares des grands conducteurs d’hommes qui appellent à la fois l’admiration, l’amour, le respect et la crainte. » Harvard, qualifiée de “mère des leaders”, est un lieu où l’on voit se formuler quantité de choses autour de ce discours sur le leadership. La Harvard Business School ouvre ses portes en 1908 et, quand bien même la première chaire de leadership n’y sera créée qu’en 1982, des enseignements dans ce domaine y sont dispensés dès l’origine. Aux États-Unis, l’école sera très tôt jugée comme le lieu de la formation des leaders dès leur prime enfance.

 

Seront déterminantes ensuite les théories de Kurt Lewin (1938), Lippitt et White, Fritz Redl (1954), Yalom et Liebermann… qui définissent les styles de leadership, la relation de l’individu au groupe et les phénomènes d’influence. En France, on se penchera avec attention sur les travaux de Jacqueline Barus-Michel et Eugène Enriquez, Vocabulaire de psycho-sociologie, 2013 (page 224) : « Freud attribuait le lien social (1921) à l’effet du meneur ou du chef. Celui-ci est sensé aimer tous les membres d’un amour égal comme un père et ses enfants. Le pouvoir repose sur la croyance : celle de ceux qui vont se soumettre parce qu’ils croient que ses représentants détiennent les clés de leur sécurité ou de leur bonheur. Ils ne s’aperçoivent pas que c’est la force de leur demande qui fait celle d’un pouvoir qui n’est souvent qu’un simulacre agité devant leurs yeux. »

Et pour Alain Duluc (Leadership et confiance, 2003) : l’enjeu du leadership et de la confiance ne se situe plus seulement dans la maîtrise de techniques et de savoir-faire managériaux rationnels. Bien sur, il convient toujours de connaître son métier et autres savoirs techniques. Mais la capacité à entraîner les autres avec soi, à leur donner envie d’avancer constitue un plus qui fait la différence. Mais cela ne se résume pas à une vision bien communiquée, il y a encore un autre plus. Il consiste à bien comprendre les êtres humains, leurs motivations profondes et à tisser avec eux des relations humaines plus riche. Cette évolution suppose des leaders capables de s’affirmer pleinement.

En appui, voici le témoignage incarné de Virginie Guyot, ex-pilote de chasse , première femme commandant de la Patrouille de France à 32 ans, qui sait combien performance et confiance sont intimement liées. « Dès le décollage, le risque est permanent, pas de droit à l’erreur. Nous mettons notre vie entre les mains de nos coéquipiers et réciproquement ».

Ses cinq conseils aux dirigeants pour susciter la confiance  :

  • Recruter en fonction des qualités humaines (et pas que techniques)
  • Prendre le temps d’écouter les autres
  • Etre transparent
  • Donner du sens et une direction
  • Etre exemplaire
Pour lire l’article complet sur les Echos Entrepreneurs.

Sociologie clinique et histoires de vie

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Vous le constaterez en me lisant, je fais souvent référence à la sociologie clinique et aux histoires de vie. Certifiée à cette approche, j’en utilise les fondamentaux et supports pour accompagner de façon individuelle ou collective. De quoi s’agit-il ?

L’hypothèse fondamentale qui sous-tend cette approche est la suivante : « L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet ». Elle a été énoncée par Vincent de Gauléjac, Michel Bonetti, Jean Fraisse, initiateurs du dispositif méthodologique Roman familial, trajectoire sociale, groupes d’implication et de recherche qui ont débuté à la fin des années 70. En d’autres termes, énoncés par Sartre : «  La liberté de l’individu est ce qu’il fait de ce que l’on a fait de lui ».

L’individu est multidéterminé, socialement, inconsciemment, biologiquement, et ces déterminations multiples le confrontent à des contradictions qui l’obligent à faire des choix, à inventer des médiations, à trouver des réponses, des issues, des échappatoires.

Le dispositif méthodologique créé par V. de Gauléjac, M. Bonetti et J. Fraisse permet à la fois de comprendre ces différentes déterminations et de saisir le travail du sujet, comment chacun contribue à produire sa propre destinée, comment chacun agit sur son histoire pour en devenir auteur et acteur.

Entre l’histoire « objective » de chacun, et le récit « subjectif » qui en est fait, il y a un écart, ou plutôt un espace, qui permet de réfléchir à la dynamique des processus de transmission, sur les ajustements entre l’identité prescrite, l’identité souhaitée et l’identité acquise.

Dans un contexte de changement permanent, d’absence de repères ou de référents, et de culture tyrannique du projet, chaque individu est aux prises avec lui-même et avec la nécessité de se construire, de s’inventer une identité qui n’est jamais totalement acquise.

Les histoires de vie contribuent à ce travail sur l’identité en faisant retour sur le passé, c’est-à-dire sur la dimension du temps qui semble la moins incertaine.

Nous avons besoin pour construire et asseoir notre identité d’un minimum d’unité et de continuité de notre histoire. La production, par un sujet, de l’histoire structurée de sa vie, est en mesure de faire apparaître cette unité et cette continuité relatives à travers les discontinuités et la diversité de son existence.

Les histoires de vie connaissent un succès à la mesure de la réponse qu’elles apportent au malaise dans les identités qui surgit dans une société donnée, à un moment donné, sachant que l’extrême valorisation de l’avenir (dans la culture de projets qui nous domine) au détriment du passé et du présent contribue largement à ce malaise.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, et en savoir plus sur ces mots, qui paraissent curieux énoncés ensemble « sociologie clinique », voici quelques repères complémentaires :

Le mot « clinique » d’abord  : XVIIe siècle, emprunté au latin clinicus, du grec Klinikos, « propre au médecin qui exerce son art près du lit de ses malades », lui-même de kliné, « lit ».

Vincent de Gauléjac complète : « La sociologie clinique, c’est mettre ensemble deux termes qui peuvent paraître antinomiques. Clinique recouvre l’idée d’être au plus près du vécu des acteurs. L’étymologie du mot, c’est « au chevet du malade », c’est-à-dire quand la médecine se préoccupe non seulement du corps malade, mais aussi de ce que le malade a à dire sur sa maladie. La sociologie clinique, c’est donc écouter ce que les acteurs ont à dire sur la société, sur les phénomènes sociaux à étudier. La sociologie clinique remet en question la coupure entre sociologie et psychologie. Elle montre qu’il y a une implication étroite entre ce que vivent les personnes, leur subjectivité, leur être profond et les phénomènes sociaux. » In La sociologie clinique à la rescousse des travailleurs sociaux, Vincent de Gauléjac. Entretien publié le 02/04/2012, www.lecanardsocial.com.

Reine-Marie Halbout, dans Savoir-être coach, Editions Eyrolles, 2009, fait un rappel historique et revient à la filiation de l’approche : « Depuis une trentaine d’années, les histoires de vie se sont développées dans les champs des sciences humaines et sociales. Cette démarche s’inscrit plus généralement dans le courant de la sociologie clinique porté, entre autres, par Eugène Enriquez, Max Pagès et Vincent de Gaulejac. Cette présentation s’appuie sur les travaux d’Anasthasia Blanché, cofondatrice de l’Institut International de Sociologie Clinique, et d’Isabelle Nalet, cofondatrice du réseau Pluridis. Le courant de la sociologie clinique affirme la primauté du sujet comme élément moteur des changements des organisations et des systèmes sociaux. A l’écoute de ce sujet, dans ses registres affectifs et existentiels, ses enjeux inconscients individuels et collectifs, ce courant cherche à démêler les noeuds complexes dans les rapports entre « l’être de l’homme » et « l’être de la société »….

Dans le coaching, la démarche histoires de vie est centrée sur l’analyse de la trajectoire socioprofessionnelle… Pour le coaché, elle est l’occasion de prendre conscience des déterminants de son histoire, afin de s’en dégager et de trouver de nouvelles marges de manoeuvre dans son contexte professionnel… Ce dispositif fait largement appel à la créativité par l’utilisation de supports verbaux et non verbaux (dessins, récits, expression corporelle, théâtre, sociodrame) qui permettent un va-et-vient entre deux mouvements :

  • l’implication de la personne par le récit qu’elle fait de son histoire socioprofessionnelle
  • la distanciation en s’appuyant sur une attitude visant la compréhension et l’interprétation de cette histoire, où coaché et coach sont impliqués ensemble dans une co-construction de sens, sachant que ce sens est toujours multiple et polysémique. »

A lire, un article sur la différence entre thérapie et histoire de vie.

Et pour conclure avec Freud : « Mes histoires de cas, s’excusait-il, se lisent comme des romans, c’est cela même qui est ici revendiqué : l’essai d’un nouveau style en sciences humaines, qui laisse poindre la part d’implication d’un sujet et qui marie des genres hétérogènes – théorie, clinique, roman. » (in Penser l’accompagnement biographique, page 211, par Alex Lainé, Emmanuel Gratton et Annemarie Trekker, Edition Academia-L’Harmattan, 2016).

Consulter ma proposition d’atelier : comment exprimer son identité professionnelle, animé avec le référentiel des histoires de vie.

Un historien et sociologue britannique, Theodore Zeldin, professeur au St. Antony’s College d’Oxford auteur d’une Histoire des passions françaises monumentale publiée en France en 1973 définissait l’ambition méthodologique de son ouvrage ainsi : « Mon but est de vous déshabiller. Je veux vous séparer des vêtements dont vous avez hérité (du passé, de votre famille, de votre milieu, de votre pays) et qui, en partie au moins, ont formé vos habitudes et idées. En tant qu’historien, j’étudie ces vêtements d’occasion, couverts de raccommodages, que vous avez encore recousus pour qu’ils vous conviennent un peu mieux ».

Pour en savoir plus et me contacter.