La charte du soin par Martin Winckler

Le livre de Martin Winckler, L’école des soignantes, aux Editions P.O.L, prend un autre relief après la crise sanitaire que nous venons de vivre. Je l’ai lu quelques semaines avant, et j’ai voulu partager avec vous sa vision de la déontologie du soin, qui nous interroge aussi, nous, accompagnants professionnels. Ses mots raisonnent, et me font réfléchir à ma posture d’accompagnante (coach, mentor et facilitatrice).

Je vous conseille de lire cet ouvrage d’anticipation sur ce que pourrait être la médecine du futur, avec la vision militante de Martin Winckler qui se bat depuis de longues années pour que la pratique des soignants change. Il a d’ailleurs été mis en lumière par les médias pendant la crise du Covid, et sa parole bienveillante et éclairée sur la médecine nous fait du bien.

Sa vision d’une société du futur plus inclusive peut nous déranger aussi, c’est tellement vivifiant ! Quelle étrangeté, quel inconfort d’une grammaire où le féminin l’emporte, nous qui avons été tellement conditionné.es par une langue où le masculin domine. Nos repères sur les genres dans cette société plus accueillante et tolérante qu’il imagine sont refondés, et c’est une belle perspective que nous construisons dès maintenant.

LA CHARTE

  • 1° Je suis patient.e et je suis ton égal.e. Je te choisis pour me soigner
  • 2° Pour me soigner au mieux, physiquement, moralement et émotionnellement, tu mettras en oeuvre ton savoir, ton savoir-faire, ton intelligence et ton humanité en prenant garde, en tout temps, à ne pas me nuire
  • 3° Tu respecteras ma personne dans toutes ses dimensions, quelles que soient mon âge, mon genre, mes origines, ma situation sociale ou juridique, ma culture, mes valeurs, mes croyances, mes pratiques, mes préférences.
  • 4° Tu seras confident.e et témoin de mes plaintes, mes craintes et mes espoirs sans jamais les disqualifier, les minimiser, les travestir, ou les divulguer sans mon accord. Tu ne les utiliseras pas à ton profit. Tu ne les retourneras pas contre moi. Tu ne me soumettras pas à des interrogatoires inquisiteurs ; tu ne me bâillonneras pas.
  • 5° Tu partageras avec moi, sans réserve et sans brutalité, toutes les informations dont j’ai besoin pour comprendre ce qui m’arrive, pour faire face à ce qui pourrait m’arriver. Tu répondras patiemment, précisément, clairement, sincèrement et sans restriction à toutes mes questions. Tu ne me laisseras pas dans le silence, tu ne me maintiendras pas dans l’ignorance, tu ne me mentiras pas. Tu ne me tromperas ni sur tes compétences ni sur tes limites.
  • 6° Tu me soutiendras dans mes décisions. Tu n’entraveras jamais ma liberté par la menace, le chantage, le mépris, la manipulation, le reproche, la culpabilisation, la honte, la séduction. Tu n’abuseras ni de moi ni de mes proches.
  • 7° Tu te tiendras à mes côtés et tu m’assisteras face à la maladie et à toutes les personnes qui pourraient profiter de mon état. Tu seras mon avocat.e, interprète et porte-parole. Tu t’exprimeras en mon nom si je t’en fais la demande, mais tu ne parleras jamais à ma place.
  • 8° Tu respecteras et feras respecter les lois qui me protègent, tu lutteras avec moi contre les injustices qui compromettent mon libre accès aux soins. Tu te tiendras à jour des connaissances scientifiques et des savoir-faire libérateurs ; tu dénonceras tous les obscurantismes ; tu me protègeras des marchands.
  • 9° Tu traiteras avec le même respect toutes les personnes qui me soignent, et tu travailleras de concert avec elles, quelles que soient leur statut, leur formation, leur mode d’exercice. Tu défendras solidairement tes conditions de travail et celles des autres soignant.es.
  • 10° Tu veilleras à ta propre santé. Tu prendras les repos auxquels tu as droit. Tu protègeras ta liberté de penser. Tu refuseras de te vendre.

Extrait : « Je suis celle qui se réveille avant les autres, et qui attend les yeux ouverts. Je suis celle qui tète le sein de sa mère en la dévorant du regard. Je suis celle qui tombe, et qui ne pleure pas, et qui se relève, qui tombe encore et se relève, jusqu’à ce que ses jambes la portent. Je suis celle qui refuse de donner la main pour marcher. Je suis celle qui court derrière les animaux en riant. Je suis celle qui cueille les fleurs. Je suis celle qui, pendant que la mère allaite un nouveau bébé, porte sur son dos l’enfant née entre-temps. »

« Je suis l’institutrice devenue astronaute, je suis l’aviatrice qui fait le tour du monde, je suis la navigatrice qui brave les ouragans, je suis l’adolescente qui dit non aux militaires, je suis la physicienne qui reçoit deux prix Nobel … je suis la joueuse de tennis noire qui défie les arbitres blancs … je suis la poétesse autochtone qui écrit l’histoire de son peuple … je suis la modèle qui préserve les oeuvres du peintre pour qui elle a posé … Accroupies dans la caverne Des femmes, des filles et des soeurs Tracent ensemble sur la paroi Les images de mille mains Que le temps n’effacera pas. »

Pour aller plus loin :

Martin Winckler sur sa vision du soin dans La Grande Librairie.

La déclaration de Genève

La déclaration de Genève également intitulée Serment du médecin figure en annexe du code de déontologie médicale. Cette déclaration a été adoptée par l’assemblée générale de l’Association médicale mondiale en 1948, elle a fait l’objet de plusieurs révisions, la dernière date d’octobre 2017.

EN QUALITÉ DE MEMBRE DE LA PROFESSION MÉDICALE
JE PRENDS L’ENGAGEMENT SOLENNEL de consacrer ma vie au service de l’humanité ;
JE CONSIDÉRERAI la santé et le bien-être de mon patient comme ma priorité ;
JE RESPECTERAI l’autonomie et la dignité de mon patient ;
JE VEILLERAI au respect absolu de la vie humaine ;
JE NE PERMETTRAI PAS que des considérations d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité, d’affiliation politique, de race, d’orientation  sexuelle, de statut social ou tout autre facteur s’interposent entre mon devoir et mon patient ;
JE RESPECTERAI les secrets qui me seront confiés, même après la mort de mon patient ;
J’EXERCERAI ma profession avec conscience et dignité, dans le respect des bonnes pratiques médicales ;
JE PERPÉTUERAI l’honneur et les nobles traditions de la profession médicale ;
JE TÉMOIGNERAI à mes professeurs, à mes collègues et à mes étudiants le respect et la reconnaissance qui leur sont dus ;
JE PARTAGERAI mes connaissances médicales au bénéfice du patient et pour les progrès des soins de santé ;
JE VEILLERAI à ma propre santé, à mon bien-être et au maintien de ma formation afin de prodiguer des soins irréprochables ;
JE N’UTILISERAI PAS mes connaissances médicales pour enfreindre les droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte ;
JE FAIS CES PROMESSES sur mon honneur, solennellement, librement.

Le serment d’Hippocrate, à lire ici : https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/serment-dhippocrate

#Episode 7 podcast Nathalie Lebas-Vautier

7ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.







J’ai rencontré il y a quelques années, lors du premier parlement du féminin, Nathalie Lebas-Vautier, et déjà elle m’avait impressionnée par son enthousiasme, son authenticité, son courage, son engagement en faveur de la mode responsable. Serial entrepreneure, aujourd’hui CEO de Good Fabric et co-fondatrice de l’association HUMUN, Nathalie, femme libre, se livre avec passion sur ses engagements, ses fiertés et ses échecs, ses convictions, sa vision du monde durable, ses projets et ils sont ambitieux ! Rendez-vous dans 5 ans lorsque Nathalie sera allée à la rencontre de ces agriculteurs et éleveurs en Mongolie et en Inde, auxquels elle veut rendre hommage dans un livre. Chiche !

Ton héritage

C’est ton héritage, mon enfant, il va falloir faire avec, ou plutôt sans …

Benjamin Biolay, merci pour ce beau texte !

Moment de beauté et de douceur à partager …

En tant que premier lieu d’éducation, la famille est au centre des deux philosophies qui traversent l’histoire des hommes. Elle soumet l’enfant à une double injonction qui relève à la fois de la liberté et du déterminisme. D’une part, l’éducation transmise comprend un message d’émancipation («Sois différent de nous», «Sois mieux que nous») ; d’autre part, la pédagogie des familles transmet à l’enfant un modèle à reproduire (« Sois comme nous », « respecte nos valeurs »).

Paradoxalement, ces deux conditions de l’éducation ont tendance à se renforcer au cours du temps. Sur plusieurs générations, les familles accentuent l’effet des ruptures, mais elles garantissent par ailleurs la transmission d’un héritage socioculturel.

Entre la liberté et le déterminisme, l’histoire des générations semble parcourir deux chemins : d’une part, celui des ruptures ou des changements que traverse la société contemporaine et, d’autre part, celui des continuités ou de la reproduction socioculturelle. Ces chemins sont-ils mutuellement exclusifs ?

En d’autres mots, s’agit-il de choisir entre la rupture et la continuité ? Ou bien, ces chemins coexistent-ils parallèlement ?

En d’autres termes, y aurait-il des générations porteuses de ruptures et d’autres soutenues par une continuité intergénérationnelle ? Ou encore, ces chemins se croisent-ils indéfiniment ?

Autrement dit, y aurait-il, en alternance, des cycles de changement et de continuité entre les générations ?

Réponses dans cet article passionnant et exhaustif :

L’héritage de la transmission de Willy Lahaye, Huguette Desmet et Jean-Pierre Pourtois. Dans La revue internationale de l’éducation familiale 2007/2 (n° 22), pages 43 à 66.

#Episode 6 podcast Elodie Bergerault

6ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici ou sur Spotify.

Formée en danse classique, contemporaine et baroque, Elodie travaille en tant qu’interprète au sein de plusieurs compagnies indépendantes et centres chorégraphiques. Passionnée par la danse et le mouvement sous toutes ses formes, Elodie fédère, transforme, facilite les mouvements, conduit un changement, rend créatif un groupe.

Parallèlement à son activité de danseuse et chorégraphe, Elodie Bergerault fonde Danaïade en 2002. Au sein de Danaïade, elle réalise différents projets autour du mouvement pour de nombreuses marques (Chanel, Lancôme, Kenzo, Renault, Airbus, Air Liquide, Issey Miyake …).

En 2016, nous avons conçu ensemble un atelier sur le leadership. De cette expérience commune, est née une complicité, qui s’entend dans cette interview où Elodie partage avec nous sa conception du mouvement et sa relation au corps.

Je sens et ressens le mouvement « entre » les choses, les hommes, j’aime le révéler et m’en servir pour créer du lien.

Histoire de vies dans la famille Jardin

Vous connaissez sans doute comme moi, dans la famille Jardin, le petit-fils Alexandre, fort de ses succès littéraires et cinématographiques, une vingtaine d’ouvrages écrits, avec notamment le Zèbre (1988), Fanfan (1990) … (1)

J’aimerais vous partager aujourd’hui des extraits de ses récits où il livre un hommage vibrant à sa mère, femme libre (2), et où il évoque avec courage le passé sombre de son grand-père, Jean, dit le Nain Jaune (3). Vous y découvrirez comme moi le fardeau que constitue cet héritage, et dont il a su se libérer, notamment en faisant oeuvre de littérature.

L’histoire des Jardin, c’est à la fois la principale matière dans laquelle il puise son inspiration, cette famille hors-norme qui a traversé les 20e et 21e siècles, et c’est la source d’oeuvres de fiction : aperçu du roman des Jardin.

Hommage vibrant d’amour, de pudeur, et de gaîté à sa mère Fanou (2) :

« J’aime tant ta façon d’avancer en d’étroites lisières, là où les personnes dégagées de toutes les croyances limitantes s’aventurent. Tu n’estimes que la capacité à devenir soi, à trouver sa joie. Tu as eu le bonheur, en dépit de tes propres désordres – dirais-je enseignée par tes désordres mêmes ? -, de te découvrir une authenticité intégrale. Ton inaptitude à tenir pour sérieuses les pitreries de la comédie sociale m’a fait entrer très tôt dans une sorte de monde parallèle où la notoriété ne compte pas et où la fausse monnaie de la reconnaissance médiatique n’a pas cours.

A vingt-trois ans, sur un malentendu, on me décerna l’un de ces titres de gloire littéraire éphémères auxquels les gens croient :

  • Maman, j’ai décroché le prix Femina.
  • Des femmes t’ont invité quelque part ?
  • Non, c’est un prix littéraire.
  • Ah … as-tu soupiré en pensant à autre chose.
  • Cela me bouleverse.
  • Ne te laisse pas bouleverser ni par l’hymne à l’amour ni par les injures, m’as-tu répondu. Tu en recevras beaucoup. Ce ne sont que des reflets de ceux qui les envoient.
  • Mais …
  • Il n’y a pas de mais … Si tu les écoutes, fais-le sur la pointe des pieds parce que ça t’amuse ! Pas parce que cela te bouleverse. Et écris donc un nouveau livre …

Après des années d’interrogations et de jugements hâtifs, j’en arrive à mon intime et joyeuse conviction : oui, nous avons le droit d’être. C’est même là sans doute notre premier devoir moral. Notre erreur à nous, les enfants, est sans doute de n’avoir pas cru au roman parental merveilleux que tu nous proposais. Chercher l’exactitude n’aboutit à rien. L’ADN est la pire des illusions. La vérité réside toujours dans le roman que l’on se raconte pour parvenir à vivre. Le vrai réel, c’est l’histoire qui nous constitue, pas les faits.

Mais l’essentiel ne rayonne-t-il pas dans la quantité de questionnements dont tu nous as fait les légataires, nous tes trois enfants ? En osant être tout ton être, à plein courage, tu nous a transmis mille questions qui perdureront au fil des générations. S’interroger, c’est accoucher de soi. Vivre, c’est ne pas finir de naître. Voilà pourquoi je t’aime tant d’être suprêmement inconfortable. »

Carnet de bord de la lente lucidité d’Alexandre à propos de Jean (3) :

« Né Jardin, je sais qu’il n’est pas nécessaire d’être un monstre pour se révéler un athlète du pire. Mon grand-père, Jean Jardin dit le Nain Jaune, fut, du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, le principal collaborateur du plus collabo des hommes d’Etat français : Pierre Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain. Le matin de la rafle du Vél d’Hiv, le 16 juillet 1942, il était donc son directeur de cabinet ; son double. Pourtant, personne, ou presque, n’a jamais fait le lien entre le Nain Jaune et la grande rafle, étirée sur deux jours, qui coûta la vie à la presque totalité des 12 884 personnes arrêtées, dont 4 051 enfants.

Je signe ces pages comme on refuse un héritage devant notaire. Pour sectionner une filiation après l’avoir reconnue. L’ablation du passé suppose forcément la trahison ; afin de ne pas se trahir. Il en est de bienfaisantes et de régénérantes même si l’infidélité aux siens passe dans notre monde par un coup bas, voire un sacré péché ; ou du moins la marque d’une indécrottable déloyauté. Comme si la quête du bien n’avait pas partie liée avec le courage. Comme si ce n’était pas renaître et se réinventer que d’oser dire non à l’inadmissible. Comme si choisir ses fidélités n’était pas vital lorsque le pire est venu gangrener la mémoire.

Le Nain Jaune, si brillant, si stratège, si épris de responsabilité, me désespère. Pourquoi suis-je moi ? Soudain je comprends qu’il va me falloir oser l’aventure de renier mon sang. Pour fuguer loin de notre mythologie. Et faire un usage franc de ma liberté en m’entêtant à ne plus être un Jardin. Ah, comme certaines rétractations sont difficiles … Tant de résistances du dedans et de jugements du dehors surgissent alors ! La fidélité est une horreur. »

(1) Bibliographie

(2) Ma mère avait raison, Editions Grasset, 2017

(3) Des gens très bien, Editions Grasset, 2010

#Episode 5 podcast Marie Donzel

5ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici ou sur Spotify.

Consultante, formatrice et conférencière, experte de l’innovation sociale et de la lutte contre les discriminations, Marie revient sur ses valeurs héritées, qui expliquent en partie son engagement militant et ses choix professionnels en faveur de l’égalité et de l’inclusion. Passionnée, curieuse, libre, femme de son temps, conquérante, Marie nous livre ses audaces et ses réflexions sur l’entreprenariat, les relations femmes / hommes, la parentalité, la loyauté en amitié et nous présente son livre pour comprendre le sexisme.

Elle est l’autrice de La sexualité est en jeu (Librio), du Rapport EVE & Donzel sur le chiffrage de l’égalité professionnelle (Programme EVE) et de 7 icônes de la pop culture pour comprendre le sexisme (Editions Fil Rouge). Elle est par ailleurs contributrice des ouvrages Ensemble contre la gynophobie (Stock) et Investir la qualité de vie au travail (ESF).

L’intraprenariat : l’animer grâce au codéveloppement

Comme je vous l’ai expliqué dans mon article sur le codéveloppement, j’ai commencé à le mettre en oeuvre de façon très concrète en animant comme facilitatrice un groupe d’intrapreneurs en entreprise, bénéficiant d’un programme de soutien pour le développement de leurs projets innovants.

De quoi s’agit-il ? Voici la définition de l’intraprenariat proposée par Sabrina Murphy, ex-créatrice de l’incubateur d’intrapreneurs de BNP Paribas, aujourd’hui CEO d’in’Possible : il s’agit « d’entreprendre à l’intérieur d’une entreprise, de porter un projet innovant avec les moyens mis à disposition par l’entreprise ».

Selon elle, les bénéfices sont :

  • Humains tout d’abord, avec des salariés plus engagés, plus motivés, qui ont plus de plaisir à travailler, et « contaminent » leurs collègues qui ne sont pas intrapreneurs comme eux, en distillant un esprit entreprenarial dans leur entreprise
  • Réels aussi pour l’organisation qui accroît sa capacité d’innovation et améliore le fonctionnement des relations au travail, plus fluides et plus transversales.

J’ai demandé à Géraldine Caron de nous apporter son éclairage sur l’intraprenariat : « Après 15 ans d’expérience bancaire, je suis devenue intrapreneure, puis j’ai décidé de me lancer en tant que consultante en accompagnant les entreprises dans la mise en place de l’intrapreneuriat et les intrapreneurs eux mêmes, dans l’activation de leurs talents.

Outre le développement de nouveaux business innovants, l’intrapreneuriat bénéficie aussi d’avantages en termes RH ainsi qu’en termes de transformation organisationnelle. J’apporte des solutions adaptées aux besoins des entreprises en termes de développement (innovation, transformation des organisations, développement business) et RH (conquête et gestion des talents/HP, mobilité interne,  formation, engagement, adaptation aux millennials et enjeux intergénérationnels) à travers : un cadrage de dispositif intrapreneurial complet et personnalisé à la maturité et en lien avec l’écosystème sur ce marché ; un accompagnement pour les intrapreneurs afin de concrétiser leur projet par des méthodes et outils issus de l’univers startup  (Design Thinking, Business Model Canvas…)  ; un coaching pour les intrapreneurs afin de révéler leurs talents par des outils de développement personnel ; un accompagnement pour les RH afin d’en faire un réel levier de marque employeur, de valorisation des compétences et de fidélisation des talents.

Mon objectif est de faire de l’intrapreneuriat un outil de développement gagnant/gagnant pour le collaborateur et l’entreprise en luttant contre « l’intrablues » comme je l’ai nommé dans mon article https://www.linkedin.com/pulse/comment-gérer-la-mobilité-interne-des-intrapreneurs-et-caron/« 

Contact :  geraldine.caron2705@gmail.com

Et vous pouvez découvrir le podcast dans lequel Géraldine revient sur son parcours, qui l’a amenée à se spécialiser dans la mise en place et l’accompagnement de dispositifs d’intraprenariat.

Pour aller plus loin :

  • Livre blanc de l’intraprenariat.
  • Café économique « Demain, tous intrapreneurs ? » : démarche initiée par la Direction générale des entreprises (mise en place d’un open lab intrapreneuriat au Bercy Lab, lab d’innovation des ministères économiques et financiers).

Télécharger la fiche de présentation sur le codéveloppement.

Lire les commentaires d’intrapreneurs après plusieurs séances de codéveloppement que j’ai animées avec eux.

Codéveloppement : « de vrais gens qui se parlent de vraies choses »

Si vous vous dites : « il y a trop de silos dans cette entreprise ; comment embarquer les managers dans la transformation du groupe ; je me sens isolé, j’aimerais partager avec d’autres chefs d’entreprise ; je n’arrive pas à motiver mon équipe autour de ce projet ; on ne se parle pas assez entre experts métier ; je me sens mal dans mon travail en ce moment, j’aimerais partager avec d’autres, cela m’aidera à surmonter. »

Alors le codéveloppement est peut-être pour vous.

Beaucoup en parlent sans forcément savoir de quoi il s’agit précisément, c’est presque devenu une appellation générique (comme le frigo pour l’objet réfrigérateur) désignant un processus collaboratif ou créatif.

Le pouvoir du collectif n’est plus à démontrer et les ouvrages de management l’abordent largement depuis des années.

En 2004, l’économiste américain James Surowiecki affirmait : « lorsqu’un groupe de personnes se réunit, les biais s’annulent et les savoirs s’accumulent, augmentant les chances que le groupe soit plus intelligent que ses parties (même les plus brillantes) parfois jusqu’à 90 % ».

Selon lui, cela repose notamment sur deux leviers :

1- Une réelle diversité des personnes et des points de vue

2- L’indépendance des acteurs, c’est-à-dire la capacité donnée à chacun d’exprimer son (réel) point de vue sans ressentir de pression à se conformer ni risquer d’être jugé. Avec pour règle, l’écoute du point de vue de l’autre – et la capacité de savoir lire et prendre en compte ce que les autres pensent – comme condition d’un échange constructif et de décisions performantes

En matière de formation, Charles Jennings promeut le modèle 70-20-10, basé sur les principes suivants :

  • 70 % des apprentissages sont effectués grâce à l’expérience directe des collaborateurs
  • 20 % des apprentissages prennent place durant les échanges et feedbacks entre eux
  • 10 % des apprentissages sont effectivement réalisés en contexte de formation formelle

Soit près de 90 % des apprentissages qui seraient purement informels, une bonne raison pour revoir les modèles d’apprentissage.

Qu’est-ce donc que le codéveloppement ?

Le codéveloppement professionnel est une approche de formation-action qui mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour favoriser l’atteinte de l’objectif fondamental : améliorer sa pratique professionnelle. Il part de l’action, du terrain, de situations réelles, de l’expérience de pairs qui acceptent de s’entraider – en parité -, de se réunir pour apprendre à progresser ensemble, y compris en apprenant de leurs erreurs.

Un client présente au groupe un problème, ou une préoccupation ou un projet (les 3 P) sur un sujet sur lequel il veut voir plus clair, et / ou mieux agir. Les autres participants sont consultants, leur rôle est d’apporter une aide utile au client dans la situation qu’il a apportée.

Le but de la consultation ne consiste pas à résoudre le problème du client, mais à l’aider à mieux comprendre et à mieux agir, à l’aider à apprendre à partir de ce qu’il expose et vit.

Les consultants participent à la réflexion qu’un collaborateur/client mène sur sa pratique et tous en tirent profit.

On peut donc dire que la mission du facilitateur est de réussir à créer une communauté d’apprentissage.

A quels besoins ou objectifs répond le codéveloppement :

  • développer sa pratique professionnelle, un management responsabilisant, une culture de l’innovation, la coopération ou la cohésion
  • retrouver un climat porteur ou une dynamique de changement
  • faire évoluer les comportements vers plus d’écoute, d’ouverture, d’entraide, de confiance, de responsabilité

En résumé, le codéveloppement est bien plus qu’une méthode de résolution de problème, c’est une méthode de développement professionnel (pour en savoir plus sur le codéveloppement.)

J’ai eu l’opportunité d’être facilitatrice en codéveloppement d’un groupe d’intrapreneurs bénéficiant d’un programme d’accompagnement de leurs projets innovants.

Les verbatims des participants parlent d’eux-mêmes sur les apprentissages réalisés :

« j’ai gagné en confiance ; j’ai appris à mieux me connaître ; j’ai découvert le sens de la cohésion d’équipe ; j’ai pu partager et me sentir moins seul ; c’est une belle aventure pour moi, je suis sortie des sentiers battus, j’ai compris quel était mon chemin, avec le soutien des autres ; on s’est entraidé en cadrant notre projet ensemble ; j’ai pris plus de risques, j’ai été à l’origine de plus d’initiatives, je me suis auto-motivé ; j’ai pris ma place dans le collectif ; la liberté de parole a été rendue possible par le cadre posé, en confiance ; j’ai osé présenter mon projet à l’extérieur alors que j’y étais opposée avant : les consultants du groupe m’ont permis d’en comprendre l’importance pour avancer dans mon projet, ça m’a fait grandir ; j’ai découvert la puissance du collectif ; j’ai retrouvé la motivation ».

Me contacter pour initier une expérience de codéveloppement à destination de managers, collaborateurs, chefs d’entreprise, consultants, intrapreneurs, experts … (tous les secteurs d’activité sont concernés, ainsi que tous les types de statuts)

Télécharger la fiche de présentation.

#Episode 4 podcast Géraldine Caron

4ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.

Géraldine se dévoile avec pudeur et naturel sur ses origines sociales, ses goûts et envies, ses choix de vie, qui l’ont amenée à créer son entreprise de conseil en matière d’intraprenariat : diagnostic culturel, installation de dispositifs d’intraprenariat, accompagnement d’intrapreneurs et des fonctions RH également, particulièrement concernées par ce changement d’état d’esprit de collaborateurs qui portent un projet innovant en interne auxquels ils croient. Géraldine revient avec sincérité sur son évolution de posture, de salariée à entrepreneure.

#Episode 3 podcast Catherine Thibaux

3ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

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Catherine témoigne avec simplicité, profondeur et l’exigence qui la caractérise de son cheminement professionnel jusqu’à l’écriture et la publication du livre Les clefs d’un mentoring réussi, pour progresser dans sa vie professionnelle, aux Editions StudyramaPro que je vous recommande vivement. Après avoir écouté Catherine, vous aurez une idée plus précise de ce qu’est (ou n’est pas) le mentoring et des bienfaits qu’il peut apporter au mentoré et au mentor.

#Episode 2 podcast Elisabeth Salesse

Nouvel épisode dans la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

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Elisabeth revient sur sa découverte du goût des contes, grâce à son père et sa grand-mère. Contes qui ravissent enfants et adultes, lorsqu’ils ont la chance de l’entendre, avec sa voix chaleureuse, ses yeux rieurs et son énergie communicative. Entre vie professionnelle, théâtre, improvision, clown, conte, elle a tracé son chemin de découverte de soi, qu’elle nous partage ici avec générosité. Conte et histoire de vie, il était indispensable de comprendre le lien à travers le témoignage d’Elisabeth.

#Episode 1 podcast Mitrane Couppa

#Episode 1 Mitrane Couppa

J’inaugure une série de podcasts, le fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.

Mitrane nous parle de son enfance, de l’éducation qu’elle a reçue, des heures passées à lire, de sa boulimie de savoir et d’apprentissage, et de son audace. Celle de créer son entreprise, parce qu’elle sait que son travail a de la valeur et que son expérience dans les ressources humaines, les relations sociales, les risques psychosociaux et la direction de projet complexe sera utile aux entreprises, que ce soient des PME ou des grandes entreprises. Rencontre avec une femme libre.