L’intraprenariat : l’animer grâce au codéveloppement

Comme je vous l’ai expliqué dans mon article sur le codéveloppement, j’ai commencé à le mettre en oeuvre de façon très concrète en animant comme facilitatrice un groupe d’intrapreneurs en entreprise, bénéficiant d’un programme de soutien pour le développement de leurs projets innovants.

De quoi s’agit-il ? Voici la définition de l’intraprenariat proposée par Sabrina Murphy, ex-créatrice de l’incubateur d’intrapreneurs de BNP Paribas, aujourd’hui CEO d’In’Possible : il s’agit « d’entreprendre à l’intérieur d’une entreprise, de porter un projet innovant avec les moyens mis à disposition par l’entreprise ».

Selon elle, les bénéfices sont :

  • Humains tout d’abord, avec des salariés plus engagés, plus motivés, qui ont plus de plaisir à travailler, et « contaminent » leurs collègues qui ne sont pas intrapreneurs comme eux, en distillant un esprit entreprenarial dans leur entreprise
  • Réels aussi pour l’organisation qui accroît sa capacité d’innovation et améliore le fonctionnement des relations au travail, plus fluides et plus transversales.

J’ai demandé à Géraldine Caron de nous apporter son éclairage sur l’intraprenariat : « Après 15 ans d’expérience bancaire, je suis devenue intrapreneure, puis j’ai décidé de me lancer en tant que consultante en accompagnant les entreprises dans la mise en place de l’intrapreneuriat et les intrapreneurs eux mêmes, dans l’activation de leurs talents.

Outre le développement de nouveaux business innovants, l’intrapreneuriat bénéficie aussi d’avantages en termes RH ainsi qu’en termes de transformation organisationnelle. J’apporte des solutions adaptées aux besoins des entreprises en termes de développement (innovation, transformation des organisations, développement business) et RH (conquête et gestion des talents/HP, mobilité interne,  formation, engagement, adaptation aux millennials et enjeux intergénérationnels) à travers : un cadrage de dispositif intrapreneurial complet et personnalisé à la maturité et en lien avec l’écosystème sur ce marché ; un accompagnement pour les intrapreneurs afin de concrétiser leur projet par des méthodes et outils issus de l’univers startup  (Design Thinking, Business Model Canvas…)  ; un coaching pour les intrapreneurs afin de révéler leurs talents par des outils de développement personnel ; un accompagnement pour les RH afin d’en faire un réel levier de marque employeur, de valorisation des compétences et de fidélisation des talents.

Mon objectif est de faire de l’intrapreneuriat un outil de développement gagnant/gagnant pour le collaborateur et l’entreprise en luttant contre « l’intrablues » comme je l’ai nommé dans mon article https://www.linkedin.com/pulse/comment-gérer-la-mobilité-interne-des-intrapreneurs-et-caron/« 

Contact :  geraldine.caron2705@gmail.com

Et vous pouvez découvrir le podcast dans lequel Géraldine revient sur son parcours, qui l’a amenée à se spécialiser dans la mise en place et l’accompagnement de dispositifs d’intraprenariat.

Pour aller plus loin :

  • Livre blanc de l’intraprenariat.
  • Café économique « Demain, tous intrapreneurs ? » : démarche initiée par la Direction générale des entreprises (mise en place d’un open lab intrapreneuriat au Bercy Lab, lab d’innovation des ministères économiques et financiers).

Télécharger la fiche de présentation sur le codéveloppement.

Lire les commentaires d’intrapreneurs après plusieurs séances de codéveloppement que j’ai animées avec eux.

Codéveloppement : « de vrais gens qui se parlent de vraies choses »

Si vous vous dites : « il y a trop de silos dans cette entreprise ; comment embarquer les managers dans la transformation du groupe ; je me sens isolé, j’aimerais partager avec d’autres chefs d’entreprise ; je n’arrive pas à motiver mon équipe autour de ce projet ; on ne se parle pas assez entre experts métier ; je me sens mal dans mon travail en ce moment, j’aimerais partager avec d’autres, cela m’aidera à surmonter« .

Alors le codéveloppement est peut-être pour vous.

Beaucoup en parlent sans forcément savoir de quoi il s’agit précisément, c’est presque devenu une appellation générique (comme le frigo pour l’objet réfrigérateur) désignant un processus collaboratif ou créatif.

Le pouvoir du collectif n’est plus à démontrer et les ouvrages de management l’abordent largement depuis des années.

En 2004, l’économiste américain James Surowiecki affirmait : « lorsqu’un groupe de personnes se réunit, les biais s’annulent et les savoirs s’accumulent, augmentant les chances que le groupe soit plus intelligent que ses parties (même les plus brillantes) parfois jusqu’à 90 % ».

Selon lui, cela repose notamment sur deux leviers :

1- Une réelle diversité des personnes et des points de vue

2- L’indépendance des acteurs, c’est-à-dire la capacité donnée à chacun d’exprimer son (réel) point de vue sans ressentir de pression à se conformer ni risquer d’être jugé. Avec pour règle, l’écoute du point de vue de l’autre – et la capacité de savoir lire et prendre en compte ce que les autres pensent – comme condition d’un échange constructif et de décisions performantes

En matière de formation, Charles Jennings promeut le modèle 70-20-10, basé sur les principes suivants :

  • 70 % des apprentissages sont effectués grâce à l’expérience directe des collaborateurs
  • 20 % des apprentissages prennent place durant les échanges et feedbacks entre eux
  • 10 % des apprentissages sont effectivement réalisés en contexte de formation formelle

Soit près de 90 % des apprentissages qui seraient purement informels, une bonne raison pour revoir les modèles d’apprentissage.

Qu’est-ce donc que le codéveloppement ?

Le codéveloppement professionnel est une approche de formation-action qui mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour favoriser l’atteinte de l’objectif fondamental : améliorer sa pratique professionnelle. Il part de l’action, du terrain, de situations réelles, de l’expérience de pairs qui acceptent de s’entraider – en parité -, de se réunir pour apprendre à progresser ensemble, y compris en apprenant de leurs erreurs.

Un client présente au groupe un problème, ou une préoccupation ou un projet (les 3 P) sur un sujet sur lequel il veut voir plus clair, et / ou mieux agir. Les autres participants sont consultants, leur rôle est d’apporter une aide utile au client dans la situation qu’il a apportée.

Le but de la consultation ne consiste pas à résoudre le problème du client, mais à l’aider à mieux comprendre et à mieux agir, à l’aider à apprendre à partir de ce qu’il expose et vit.

Les consultants participent à la réflexion qu’un collaborateur/client mène sur sa pratique et tous en tirent profit.

On peut donc dire que la mission du facilitateur est de réussir à créer une communauté d’apprentissage.

A quels besoins ou objectifs répond le codéveloppement :

  • développer sa pratique professionnelle, un management responsabilisant, une culture de l’innovation, la coopération ou la cohésion
  • retrouver un climat porteur ou une dynamique de changement
  • faire évoluer les comportements vers plus d’écoute, d’ouverture, d’entraide, de confiance, de responsabilité

En résumé, le codéveloppement est bien plus qu’une méthode de résolution de problème, c’est une méthode de développement professionnel (pour en savoir plus sur le codéveloppement.)

J’ai eu l’opportunité d’être facilitatrice en codéveloppement d’un groupe d’intrapreneurs bénéficiant d’un programme d’accompagnement de leurs projets innovants.

Les verbatims des participants parlent d’eux-mêmes sur les apprentissages réalisés :

« j’ai gagné en confiance ; j’ai appris à mieux me connaître ; j’ai découvert le sens de la cohésion d’équipe ; j’ai pu partager et me sentir moins seul ; c’est une belle aventure pour moi, je suis sortie des sentiers battus, j’ai compris quel était mon chemin, avec le soutien des autres ; on s’est entraidé en cadrant notre projet ensemble ; j’ai pris plus de risques, j’ai été à l’origine de plus d’initiatives, je me suis auto-motivé ; j’ai pris ma place dans le collectif ; la liberté de parole a été rendue possible par le cadre posé, en confiance ; j’ai osé présenter mon projet à l’extérieur alors que j’y étais opposée avant : les consultants du groupe m’ont permis d’en comprendre l’importance pour avancer dans mon projet, ça m’a fait grandir ; j’ai découvert la puissance du collectif ; j’ai retrouvé la motivation ».

Me contacter pour initier une expérience de codéveloppement à destination de managers, collaborateurs, chefs d’entreprise, consultants, intrapreneurs, experts … (tous les secteurs d’activité sont concernés, ainsi que tous les types de statuts)

Télécharger la fiche de présentation.

#Episode 4 podcast Géraldine Caron

4ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.

Géraldine se dévoile avec pudeur et naturel sur ses origines sociales, ses goûts et envies, ses choix de vie, qui l’ont amenée à créer son entreprise de conseil en matière d’intraprenariat : diagnostic culturel, installation de dispositifs d’intraprenariat, accompagnement d’intrapreneurs et des fonctions RH également, particulièrement concernées par ce changement d’état d’esprit de collaborateurs qui portent un projet innovant en interne auxquels ils croient. Géraldine revient avec sincérité sur son évolution de posture, de salariée à entrepreneure.

#Episode 3 podcast Catherine Thibaux

3ème épisode de la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.

Catherine témoigne avec simplicité, profondeur et l’exigence qui la caractérise de son cheminement professionnel jusqu’à l’écriture et la publication du livre Les clefs d’un mentoring réussi, pour progresser dans sa vie professionnelle, aux Editions StudyramaPro que je vous recommande vivement. Après avoir écouté Catherine, vous aurez une idée plus précise de ce qu’est (ou n’est pas) le mentoring et des bienfaits qu’il peut apporter au mentoré et au mentor.

#Episode 2 podcast Elisabeth Salesse

Nouvel épisode dans la série de podcasts que j’ai initiée avec Mitrane Couppa, et un fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.

Elisabeth revient sur sa découverte du goût des contes, grâce à son père et sa grand-mère. Contes qui ravissent enfants et adultes, lorsqu’ils ont la chance de l’entendre, avec sa voix chaleureuse, ses yeux rieurs et son énergie communicative. Entre vie professionnelle, théâtre, improvision, clown, conte, elle a tracé son chemin de découverte de soi, qu’elle nous partage ici avec générosité. Conte et histoire de vie, il était indispensable de comprendre le lien à travers le témoignage d’Elisabeth.

#Episode 1 podcast Mitrane Couppa

#Episode 1 Mitrane Couppa

J’inaugure une série de podcasts, le fil conducteur pouvant être décrit ainsi : nous faire découvrir des histoires singulières, des parcours de vie et des conquêtes. Conquête d’indépendance, de liberté, d’identité.

Avec une question fondamentale : comment changer, se transformer, évoluer et / ou s’accepter en restant fidèle à soi (ses valeurs, son héritage, ses loyautés) ?

Retrouver la série complète ici.

Mitrane nous parle de son enfance, de l’éducation qu’elle a reçue, des heures passées à lire, de sa boulimie de savoir et d’apprentissage, et de son audace. Celle de créer son entreprise, parce qu’elle sait que son travail a de la valeur et que son expérience dans les ressources humaines, les relations sociales, les risques psychosociaux et la direction de projet complexe sera utile aux entreprises, que ce soient des PME ou des grandes entreprises. Rencontre avec une femme libre.

Dans mon arbre de vie pousse mon projet professionnel

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Je viens de vivre une étonnante aventure professionnelle avec le réseau Sncf au féminin, pour lequel j’ai conçu l’atelier « Pitch ton projet ! Dans mon arbre de vie pousse mon projet professionnel », animé dans sept villes, grâce au train de la mixité, qui a sillonné la France du 11 au 28 juin 2019.

L’ambition de ce train de la mixité : créer un moment fort d’échange et d’empowerment pour les membres du réseau mixte Sncf au féminin.

Quelques chiffres pour donner la mesure de ce projet incroyable :

  • 8 étapes en France
  • 96 conférences et témoignages
  • 192 ateliers
  • 74 intervenants
  • 3 000 participants
  • Plus de 93 % de satisfaction
  • Quatre voitures : ateliers, conférences, exposition, networking

Le réseau Sncf au féminin, c’est 7 000 salarié.es, femmes et hommes, engagé.es pour faire progresser la mixité à tous les niveaux du groupe Sncf.

Quelques retours de participants qui ont fait part de leur « enchantement » et de leur « émerveillement » : les conférences et ateliers leur ont « ouvert les yeux », ont été une « bouffée d’air », leur ont « donné de l’énergie », « de l’optimisme », de « l’envie d’agir », de la « confiance en l’avenir » …

« A l’image du réseau, l’expérience à vivre à bord du train a été construite pour agir simultanément sur deux dimensions : développer la confiance de chaque salarié.e et mener le combat collectif pour l’égalité »  Francesca Aceto, présidente.

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L’intention de l’atelier « Pitch ton projet ! » :

  • Permettre aux membres du réseau de prendre du temps pour soi, en se posant les bonnes questions pour réfléchir à son projet professionnel
  • Repartir avec des idées d’évolution
  • S’autoriser à envisager un projet
  • Se présenter et pitcher son projet à un.e collègue vivant lui / elle aussi ce partage dans le train.

Un grand merci à l’équipe du train qui m’a fait confiance et aux membres du réseau qui ont partagé leur projet professionnel pendant l’atelier avec authenticité.

Si cet atelier vous donne des idées pour votre entreprise, votre réseau ou tout simplement pour vous-même, n’hésitez pas à me contacter pour un échange.

Voir les ateliers que je propose : ici.

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Ce que nous dit Homère de nous

DSCN0437.JPGLa belle voix de Sylvain Tesson vous a peut-être bercé un de ces étés … Session de rattrapage avec son livre Un été avec Homère aux Editions Equateurs parallèles, France Inter, 2018. Un régal, que j’ai savouré page après page, mot après mot, dans mes trajets de métro parisien. J’ai dû le lâcher parce que je l’avais fini, mais j’y reviendrai, comme un livre de chevet dont on ne se sépare jamais vraiment.

Je vous en livre quelques extraits en cohérence et en continuité avec mes sujets de prédilection autour de l’identité, du récit de vie, de la promesse, faite à soi et aux autres, avec une dimension supplémentaire et non des moindres, celle de l’emprise des Dieux sur les hommes. A méditer en ces temps chaotiques.

« Ouvrir L’Iliade et l’Odyssée revient à lire un quotidien. Ce journal du monde fournit l’aveu que rien ne change sous le soleil de Zeus : l’homme reste fidèle à lui-même, animal grandiose et désespérant, ruisselant de lumière et farci de médiocrité.

Message d’Homère pour les temps actuels : la civilisation, c’est quand on a tout à perdre ; la barbarie, c’est quand on a tout à gagner. Toujours se souvenir d’Homère à la lecture du journal le matin.

Apparaît Ulysse. Qui est cet homme paradoxal ? Il aime l’aventure mais veut rentrer chez lui. Il se montre curieux de l’univers mais nostalgique de sa maison, il goûte aux nymphes mais pleure Pénélope, se jette dans l’aventure mais rêve du foyer. On avance dans l’Odyssée comme devant le miroir de notre propre âme. Là réside le génie : avoir tracé en quelques chants le contour de l’homme.

Je crois à cela : l’invariabilité de l’homme. Les sociologues modernes se persuadent que l’homme est perfectible, que le progrès le bonifie, que la science l’améliore. Fadaises ! Le poème homérique est immarcescible, car l’homme, s’il a changé d’habit, est toujours le même personnage, mêmement misérable ou grandiose, mêmement médiocre ou sublime, casqué sur la plaine de Troie ou en train d’attendre l’autobus sur les lignes du siècle XXI.

Homère l’assène : on ne peut espérer un retour sans idée fixe. Seule l’opiniâtreté triomphe des tempêtes. Seule la constance mène au but. Cet enseignement frappe la bannière homérique : la longueur de vue, la fidélité constituent les plus hautes vertus. Elles finissent par remporter le combat contre l’imprévu. Ne pas déroger, seul honneur de la vie.

La véritable géographie homérique réside dans cette architecture : la patrie, le foyer, le royaume. L’île d’où l’on vient, le palais où l’on règne, l’alcôve où l’on aime, le domaine où l’on bâtit. On ne saurait se montrer fier de son propre reflet si l’on ne peut pas se prétendre de quelque part.

L’Iliade était le thème musical de la malédiction des hommes. Les chiennes de l’âme étaient lâchées sur le champ de bataille. L’Odyssée est le livre d’heures d’un homme qui échappe à la frénésie collective et cherche à renouer avec sa condition de mortel – libre et digne. L’Odyssée est le chant du retour au pays, de la remise en place du destin. Le retour à soi, en soi et chez soi. C’est aussi le poème de la rémission écrit huit cents ans avant l’Evangile du pardon. Ulysse a fauté, il paiera pour les hommes qui se sont déchaînés. Le voyage est rachat dit Homère. Les dieux se mettront sur la route du fautif pour lui imposer leurs épreuves. Dernier axe de l’Odyssée : la constance d’âme. Le principal danger consiste à oublier son but, à se déprendre de soi-même, à ne plus poursuivre le sens de sa vie. Se renier, indignité suprême.

Fondement de la pensée grecque en général et de l’enseignement homérique en particulier : tous les malheurs de l’homme viennent de n’être pas à sa place et tout le sens de la vie consiste à rétablir dans son cadre ce qui en a été exilé.

Tout se conquiert, rien n’est acquis à l’homme, rien ne saurait universellement lui revenir. Démasqué, Ulysse se dévoile au roi des Phéaciens :

Je suis Ulysse, fils de Laërte, dont les ruses sont fameuses partout, et dont la gloire touche au ciel. J’habite dans la claire Ithaque. (Odyssée, IX, 19-21).

Notre héros a décliné son nom, son père, sa patrie. Une manière antique de s’identifier : qui l’on est, d’où l’on vient, où l’on va. L’identité ici ramassée cimente la trilogie de l’origine, de la généalogie et de la gloire. Le temps, l’espace et l’action s’articulent.

Mais d’abord il me faut aller à mon verger pour voir mon noble père qui se ronge en mon absence. (Odyssée, XXIII, 358-360)

Son « noble père » : le poème s’achève sur cette préoccupation suprême : renouer avec la filiation. Aucun homme ne vient de nulle part. La dernière mission d’Ulysse est de se manifester auprès de son père. Il a reconquis l’espace, l’île d’Ithaque. Il doit renouer avec le temps : son origine filiale. Dans la pensée antique, on est de quelque part et l’on est de quelqu’un. La révélation moderne n’avait pas encore consacré le règne de l’individualisme, dogme nous réduisant à des monades auto-générées, sans racine ni ascendance.

Tous nous portons dans nos coeurs une Ithaque intérieure que nous rêvons parfois de reconquérir, parfois de regagner, souvent de préserver. »

Bio en 3 mn sur Sylvain Tesson.

A lire dans Télérama : « De la Sardaigne à la Turquie, en passant par la Sicile où nous l’avons rencontré, l’écrivain voyageur Sylvain Tesson navigue pour Arte dans le sillage d’Ulysse. Son idée : révéler la présence toujours vivace d’Homère en Méditerranée. » Documentaire sur Arte en 2020 … J’ai hâte !

 

« Surtout ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pas te perdre »

 

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Lauren Bastide a accueilli Delphine Horvilleur dans son podcast La poudre, que je vous recommande vivement. Très belle émission (1).

Delphine Horvilleur, l’une des trois rabbin.es en France, la plus médiatisée, autrice, dont le dernier livre vient de paraître (2). Cette femme inspirante, le rabbin le plus connu par le grand public, une femme donc, est à écouter et à lire, pour plus de tolérance, d’ouverture d’esprit et d’ouverture aux autres. Respect.

Morceaux choisis  :

« J’aimerais que l’on comprenne qu’il ne s’agit pas que du combat de ceux qui sont touchés par la haine. Les gens ont des empathies très sélectives. Les juifs doivent lutter contre l’antisémitisme, les noirs ou les musulmans contre le racisme, les gays contre les propos homophobes. Tout cela, c’est une négation de notre humanité et de la promesse républicaine. On a tous le devoir de se poser la question de notre responsabilité personnelle. Avoir conscience que cela ne viendra pas d’un autre, la fin de ces paroles haineuses, cela ne viendra pas non plus des pouvoirs publics. C’est à chacun de sentir que quand l’autre est frappé, en réalité c’est lui qui est balafré. Même si ce n’est pas notre identité de groupe qui est atteinte.

Aujourd’hui, il est important que l’on entende plein de voix : quelle place laisse-t-on à la parole de l’autre ? Etant une femme, je suis bien consciente quand je prend la parole pour parler de mon engagement rabbinique, qu’il y a toujours un moment chez mon interlocuteur où ma simple présence vient casser des idées reçues. Il lui faut un petit temps pour entendre le contenu de ce que je dis. Tiens, elle est rabbin. Donc tous les rabbins ne ressemblent pas à Rabbi Jacob, ils n’ont pas nécessairement une barbe, cela veut dire qu’il existe une possibilité d’être à côté des stéréotypes. La pluralité des paroles sert à réintroduire de la complexité dans la façon dont on voit l’autre, de l’oxygène dans les débats. Et ce n’est pas facile à faire dans un temps où l’on cherche la simplification.

J’ai grandi dans un tout petit village près d’Epernay, avec très tôt beaucoup de questionnements sur mon identité. Dans mon enfance très heureuse, j’ai eu la conscience qu’il y avait dans mes héritages et mes racines des choses que l’on ne verbalisait pas nécessairement, et qui faisait que je me sentais, toute petite, à la fois comme les autres et pas du tout comme les autres. J’étais quand même l’autre de l’histoire de mes petits camarades. Enfant, je me suis dit qu’il fallait que je fasse dialoguer les silences et les mots.

Aujourd’hui, je vois très bien cet héritage et cette incohérence entre ces deux histoires (côtés paternel et maternel) à réconcilier : il a beaucoup à voir avec mon cheminement vers le rabbinat qui est un travail du mot. C’est une fonction d’enseignement et de passeur, on fait en permanence le lien entre l’humain et les mots. On est centré sur le travail du texte et de son interprétation.

Nos rêves ont beaucoup à voir avec les rêves ou les inaboutis des générations passées. J’ai pensé longtemps que mon rêve devait prolonger celui des générations d’avant pour compléter ou réparer. Et j’ai fini par comprendre que c’était un rêve hérité, celui de devenir médecin. Pas le mien. Le lien entre la médecine, le journalisme que j’ai exercé en France pendant plusieurs années, et le rabbinat, c’est l’écoute, pouvoir traduire autrement, transmettre. On accueille la parole de l’autre, comme un récit sacré.

Je me suis toujours sentie très féminine. Le féminin pour moi a toujours rimé avec le fait d’être l’autre de l’histoire. Je n’ai pas de problème avec l’idée que le féminin est à la fois du même et de l’autre. Pour moi c’est une chance d’être l’autre de l’histoire, l’autre voix/voie de la littérature, de la culture, des religions.

Comme il y a beaucoup de femmes rabbins aux Etats-Unis, cette idée devint possible pour moi. En France, on ne peut pas étudier en étant une femme, mais on peut devenir rabbin. En 2008, quand je suis ordonnée rabbin, je suis enceinte de ma fille.

Pour beaucoup de femmes dans l’histoire qui ont accédé à des fonctions longtemps masculines, pendant un temps, elles sont occupées à neutraliser le féminin en elles, à devenir neutres, c’est-à-dire plutôt du genre masculin en français. Il faut un certain temps pour gagner une reconnaissance, qui vous permet d’être pleinement la femme que vous êtes.

Quand les hommes et les femmes lisent ensemble un texte, même les hommes le lisent différemment. C’est comme si tout le monde était resitué dans la lecture. Quand les femmes se mêlent à la conversation, cela éveille les voix du féminin, on change le point de vue sur la lecture, on a des interprétations différentes. Il faut dépasser le cliché de genre, les hommes aussi peuvent entendre ces autres voix. Seulement, quand on exclut les femmes de la conversation, ces voix demeurent muettes.

La mixité est critique aujourd’hui : sans elle, on appauvrit l’identité, la lecture et l’interprétation des textes, on piétine la richesse de ce que l’on pourrait faire dire aux textes, de ce que l’on pourrait être.

Il faut que l’on trouve un moyen pour les femmes qui ont accès à la parole de dépasser leur statut de victimes, afin de les rendre pleinement actrices de leurs histoires. Et ce n’est pas facile, la parole peut enfermer dans un récit de soi qui met en avant une certaine passivité, « voilà ce qui m’est arrivé », et « voilà les droits que cela va me donner ». Ce n’est pas du tout ça l’enjeu d’une prise de parole : ce que je raconte me donne une force, une puissance pour me relever.

A quoi sert l’écoute ? C’est surtout permettre à l’autre de s’entendre raconter son histoire autrement. Plus que la faire entendre à celui qui écoute.

L’étymologie dans les langues sémites du mot « Miséricordieux », l’un des noms de Dieu, est l’utérus. En fait, Dieu porte pour nous, entre autres, la matrice, dont la fonction est de faire de la place à l’autre. La capacité à faire de l’espace pour que l’autre grandisse et surgisse en vous, puis hors de vous. Et c’est exactement ce dont on est malade aujourd’hui. Certains disent « on est chez nous », « l’autre n’est pas chez lui ». Pour être vraiment soi, il faudrait se séparer de l’étrangeté, de l’altérité. Comme si on voulait se séparer de la fonction matricielle, d’un utérus en nous.

La Bible dit que le premier homme est créé masculin et féminin. Pour les mystiques, le masculin c’est la capacité à donner, le féminin la capacité à recevoir. Il faut pouvoir vivre avec cet équilibre-là. Savoir accueillir et recevoir, c’est très actif.

Il est passionnant ce grand malentendu de l’histoire sur la traduction du mot « côte », expliquant que la femme est sortie de la côte d’Adam, alors qu’il s’agit du mot « à côté ». (3) Dans ce cas, il s’agit d’une relation de sujet à objet, la femme est secondaire par rapport au masculin premier, et pour le dire simplement, il y a comme un os. La femme est l’os de l’histoire et on ne rétablit pas la possibilité d’un face à face. L’histoire de l’humanité aurait pu être tout autre si ce mot avait été traduit correctement. »

(1) Source : épisode 46 Delphine Horvilleur 21 mars 2019.

(2) Réflexion sur la question antisémite, Grasset, 2019. Autres ouvrages parus : En tenue d’Ève. Féminin, pudeur et judaïsme (Grasset, 2013), Comment les rabbins font les enfants (Grasset, 2015) …

(3) Interview sur le genre, l’éducation religieuse, la pudeur :

« A ce propos, dans votre livre, vous évoquez un célèbre verset de la Genèse cité par le grand rabbin Gilles Bernheim, et repris par le pape Benoît XVI…
Oui, pour illustrer leur opposition au projet de loi, ils ont tous deux cité le même verset (Genèse 27-1) : « L’Eternel créa l’homme à son image, masculin et féminin Il les créa. » Mais ils ont choisi de le traduire par « homme et femme Il les créa », insistant sur la complémentarité originelle de l’homme et de la femme. Or, les termes en hébreu pour dire « homme » et « femme » ne sont pas les mêmes que « masculin » et « féminin ». Choisir un terme et pas un autre est lourd de conséquences. Dans le texte biblique, le masculin et le féminin ne sont pas réductibles à la simple différence des sexes. Ils expriment une complémentarité d’un autre type. Le genre féminin représente souvent la vulnérabilité, le monde de l’intériorité, de la dépendance, alors que le masculin est celui de l’autonomie, de l’extériorité. Chacun d’entre nous, homme ou femme, expérimente dans sa vie tour à tour l’autonomie et la dépendance, la force et la vulnérabilité. Chacun d’entre nous fait des expériences qui dépassent ce à quoi on voudrait le réduire : les attributs de son sexe biologique. »

(Genèse 27-1) : « L’Eternel créa l’homme à son image, masculin et féminin Il les créa. »

La part intime des trajectoires sociales

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Interview de la philosophe Chantal Jaquet (1), qui a codirigé l’essai collectif La fabrique des transclasses, éditions PUF. Elle revient sur la notion de mobilité sociale que j’aborde sur mon site, avec selon elle un fort coût intime.

« Les discours sur la mobilité sociale sont pris entre deux mythes : la trahison et l’ascension. Qu’ils évoquent la figure du social-traitre qui a fui sa classe d’origine plein de honte et gagné un à un ses galons, ou du self-made man qui s’est fait tout seul, ils font abstraction des individus de chair et d’os qui effectuent le passage d’une classe à l’autre. On a vite fait de crier au génie, d’exalter ses talents et son mérite personnel. Or ce n’est pas une question de volonté. La trajectoire des transclasses est un processus bien plus complexe, qui met en jeu des conditions économiques et sociales, une histoire familiale, des rencontres affectives… Un ensemble de fils qui se nouent et se dénouent pour constituer une existence. Se pencher sur cette fabrique permet de rompre avec les clichés.

Les politiques nationales ont une importance déterminante pour favoriser cette mobilité sociale : avec sept enfants d’ouvrier sur dix qui connaissent le même sort que leurs parents, la France est dans la moyenne. C’est dans les pays scandinaves qu’on trouve la mobilité la plus forte et aux Etats-Unis qu’elle est la plus faible, contrairement aux idées entretenues par le mythe de l’american dream.

Un transclasse se fabrique sous l’effet d’une pluralité de causes qui se combinent entre elles. Au sein d’une même famille, des frères et soeurs ne connaissent pas la même trajectoire, en dépit de conditions économiques et sociales semblables. Comment le comprendre si l’on ne tient pas compte du désir parfois inconscient des parents ou de la place dans la fratrie ? On peut rêver de revanche sociale pour l’un et souhaiter que l’autre perpétue le modèle familial. Autrement dit, les enfants ne sortent pas indemnes des aspirations et projections de leurs parents (2).

Nos trajectoires peuvent aussi être le produit d’un secret de famille, de rencontres amicales ou amoureuses, d’une homosexualité qui motive une prise de distance quand elle n’est pas acceptée par son milieu, comme ce fut le cas pour Didier Eribon ou Edouard Louis…

Quand on quitte son milieu d’origine, on est à la fois le même et un autre (3). Même si, de coeur, on reste fidèle à sa classe d’origine, on a incorporé de nouvelles habitudes, nos revenus et nos fréquentations ont changé. Ce passage produit toujours une métamorphose de l’identité, qui devient forcément plus flottante (commentaire perso : je dirais une identité « bricolée » ou « métissée). Le transgenre porte les traces des deux milieux. D’où parfois un sentiment de déchirement, des émotions clivées. Honte, colère, culpabilité, mais aussi joie et fierté. D’ailleurs, être à la frontière peut aussi constituer une force et une richesse : quand on porte plusieurs mondes en soi, on développe un recul critique, ainsi qu’une grande capacité d’adaptation et d’ouverture. Et on a davantage la possibilité de choisir qui l’on veut être.

Confesser qu’on vient de la bourgeoisie est peut-être même encore plus compliqué que d’avouer des racines ouvrières ou paysannes. Car le transclasse qui s’élève dans la hiérarchie sociale a de l’éclat. Le bourgeois de naissance sera toujours soupçonné d’un manque de sincérité, taxé d’imposteur car à tout moment susceptible de faire appel au carnet d’adresses de sa famille pour se sortir de la précarité. Pourtant, renoncer au confort d’une vie aisée exige aussi beaucoup de courage. »

(1) Télérama 3603 du 30/01/2019.

(2) Vincent de Gaulejac parle de « projet parental », l’un des axes de travail des séances d’accompagnement que j’anime (individuel ou collectif).

(3) Voir la contribution d’Alex Lainé sur l’identité. Avec un éclairage sur l’identité mêmeté/ipséité de Paul Ricoeur.

Mobilité et identité

 

caravane_1.jpgSujet d’actualité, la mobilité est une notion qui me taraude depuis un moment. Ne voyageant plus à l’étranger depuis quelques années, je m’interroge régulièrement sur l’effet que cela peut avoir sur ma curiosité, mon ouverture au monde, ma tolérance à la différence … Et je ressens aussi fortement cette injonction sociale, implicite, au mouvement. A la lecture de cet article de Télérama (1), dont je vous partage quelques extraits – qui font débat, et c’est tant mieux – je me rends compte que la perception de la mobilité a évolué, et qu’elle est liée directement aussi à l’identité, socle de ma pratique d’accompagnante.

Avant la révolution industrielle, le voyage, par la terre ou par les mers, est un art mondain, un privilège de nantis. Le chemin de fer permet, le premier, aux bénéficiaires des congés payés de découvrir de nouveaux horizons. En 1936, six cent mille Français font grimper leur famille dans des wagons direction les dunes ou les champs. Jusqu’aux années 50, on vit dans la proximité piétonne du domicile, en donnant à la rigueur un coup de pédale ou en prenant la navette d’entreprise. L’automobile est une marque de raffinement réservée aux bourgeois.

La mobilité commence à se construire comme un outil d’émancipation. Circuler, droit fondamental de la Déclaration universelle des droits de l’humain, devient un moyen de ses libérer individuellement. Partir, c’est s’arracher à un ancrage, une appartenance. C’est franchir les frontières géographiques et s’affranchir des assignations identitaires. Le destin se dirige à coups de volant ! La voiture est vendue comme un moyen d’accéder au monde et à l’indépendance, pour monsieur comme pour madame.

« La mobilité sans effort constitue une espèce de bonheur, de suspense de l’existence et d’irresponsabilité », observe le philosophe Jean Baudrillard en 1967.

La mobilité de loisirs devient une norme sociale, le tourisme une pratique culturelle : entre 1951 et 1989, le taux de départ en vacances passe de 31 % (soit 10 millions de Français) à 60,7 % (soit 33 millions de Français).

Ne pas rester chez soi, c’est exister aux yeux d’une société qui célèbre l’activité constante. Idéalisée, valorisée elle-même, la mobilité n’est plus seulement un moyen. Elle devient une fin en soi. Et l’immobilité, une faute.

Car la promesse d’émancipation s’est transformée en injonction à bouger. La mobilité est désormais une contrainte, voire une obligation, pour une large partie de la population. Les innovations techniques, combinées à la révolution numérique, ont bouleversé le quotidien, façonnant de nouveaux modes de vie : celui des cadres toujours entre deux avions, des couples séparés par leur emploi se retrouvant en fin de semaine, des familles vivant à la campagne et travaillant en ville, des expatriés qui retournent régulièrement dans leur pays d’origine…

Cette hypermobilité a un coût : le budget transports a dépassé le budget logement, la pollution de l’air fait 48 000 morts par an, les tensions s’avivent dans les familles à cause de la fatigue, le stress des embouteillages altère le bien-être, les effets sont dévastateurs sur les territoires entre des villes surpeuplées et des campagnes délaissées,  la biodiversité est mise en danger par l’urbanisation non contrôlée …

Etre immobile, c’est s’exclure socialement, alors que les services publics poursuivent depuis des décennies leur cure d’amaigrissement à l’échelle du territoire : de 1980 à 2013, l’Insee a observé une baisse de 24 % de nombre d’écoles, de 31 % pour les centres des impôts, de 36 % pour les bureaux de poste ou encore de 41 % pour les maternités. Ne pas pouvoir se déplacer restreint jusqu’aux droits fondamentaux : s’instruire, se soigner, se cultiver, se nourrir…

Après nous avoir libéré, la mobilité tend à nous enfermer. Constante, irrépressible, aliénante, elle nous disperse. Nous éparpille.

« La mobilité ne libère pas l’individu, amplifie le sociologue Eric Le Breton (2). Elle le scinde, le partitionne, le brise et l’épuise. Elle le projette dans des territoires où, le privant de ses racines et de ses liens, elle le prive de tout, y compris de lui-même. »

La mobilité nous oblige à nous adapter constamment, à sans cesse trouver de nouveaux repères. Comment dans ces conditions trouver une place stable dans ce monde en fuite ? Pouvoir se déplacer fut un luxe. Aujourd’hui, le luxe, c’est de ne pas y être contraint.

(1) Télérama 3608 du 06/03/2019 écrit par Romain Jeanticou, Bouger nous empêche t-il d’avancer ?

(2) Mobilité, la fin d’un rêve ? Eric Le Breton, ed. Apogée

 

Accompagner les entrepreneur.es

 

Cette semaine, un coach et chef d’entreprise m’a dit : « ta singularité, c’est ton accompagnement des entrepreneur.es ». Il a raison. Une fois n’est pas coutume, je vais donc vous présenter comment j’accompagne les entrepreneur.es, avec quelques réalisations et de belles rencontres à la clé.

L’étape la plus fréquente est celle de l’idée : elle a émergé, elle est là, il y a un concept, à travailler, et souvent le souhait de mieux expliquer un positionnement marketing, d’adresser un public, et de mettre en mots et en images tout cela.

La demande d’accompagnement se situe donc plutôt en amont, avant le business plan, parfois même avant l’étude de marché.

Nous sommes dans une démarche de projet, à concrétiser avec l’appui d’un regard extérieur, neutre, parfois challenging et confrontant, et toujours constructif et bienveillant.

Quelques exemples d’accompagnement individuel effectués ces derniers mois :

  • Une consultante, avec plusieurs offres et plusieurs publics potentiels, me demande de l’aider à réaliser son profil LinkedIn pour mieux vendre son approche. Nous sommes revenues ensemble sur son offre elle-même, en en recherchant la cohérence, la logique, en nous appuyant sur ses expériences passées qui légitiment son expertise et sur ce qui la motive pour demain. Les mots sont ensuite venus tout seuls. Je lui ai aussi conseillé un photographe pour son profil LinkedIn.
  • Une journaliste, pressentant que son histoire personnelle orientait fortement son projet de création de site Internet, future vitrine de son offre, et aussi moyen d’expression originale de son identité. Le début de l’accompagnement a consisté à poser les jalons de cette identité pour démêler ce qui était de l’ordre de l’intime et de l’histoire familiale, et en quoi ces fondamentaux pouvaient légitimer et consolider son projet professionnel, jusqu’à la construction de l’arborescence de son site, en cours.
  • Après un licenciement, une future consultante souhaite développer une offre de conseil, tout en voulant prendre son temps pour vivre cette transition professionnelle dans les meilleures conditions. Pas simple de changer de statut, même si la continuité en matière d’expertise professionnelle constituait un socle sur lequel s’appuyer. Et surprise, assez vite, émerge un autre projet professionnel, inattendu. La suite de l’accompagnement a permis d’approfondir les deux voies, tout en réfléchissant aux passerelles possibles entre les deux.
  • Une artiste, au parcours de vie hors norme, a l’intuition que ses compétences artistiques peuvent être proposées aux entreprises, sous forme d’ateliers de développement personnel et professionnel. Comment présenter son offre ? Comment articuler parcours de vie et projet professionnel en entreprise ? L’accompagnement a permis de déverrouiller certains blocages pour oser. Avec de nouvelles idées qui ont émergé, dans un lien étroit entre histoire de vie et terrain de jeu professionnel.

En matière d’accompagnement individuel, je m’appuie sur deux approches :

  • Le référentiel en histoires de vie, héritées de la sociologie clinique, que j’ai largement présentée sur mon site.
  • L’accompagnement par les rêves avec Shynleï, où les personnes travaillent sur leurs désirs et motivations, tout en définissant un plan d’actions concret.

Le collectif a sa part aussi, et pour ce faire, j’ai créé un atelier qui s’intitule « Comment exprimer son identité professionnelle« , ce que je présente ici.

L’objectif : exprimer de façon authentique et incarnée son identité professionnelle. Être aligné.e entre soi et son projet.

Voici quelques retours de personnes qui y ont participé et qui expriment leurs ressentis suite à cet atelier de deux journées.

En collectif, je vais développer cette année un accompagnement de type codéveloppement à l’intention d’intrapreneurs en entreprise.

Les intrapreneurs mettent en oeuvre sur du temps dédié, en restant dans leur entreprise, des projets, le plus souvent innovants, mais pas que, au service de leur entreprise, que ce soit pour les clients et / ou les collaborateurs (la symétrie des attentions).

Rapide définition du codéveloppement : « Le codéveloppement professionnel est une approche de formation qui mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour favoriser l’atteinte de l’objectif fondamental : améliorer sa pratique professionnelle. »

L’objectif ici est de permettre aux intrapreneurs de se développer ensemble et de s’entraider dans la réalisation de leurs projets.

J’aurai l’occasion de vous en parler à nouveau dans les prochains mois sur mon site.

Comme vous l’aurez remarqué, j’accompagne en majorité des femmes. L’entreprenariat féminin est en effet une cause qui me tient à coeur.

Vous pouvez consulter ce dossier monté par Marie Claire, avec un certain nombre d’idées reçues sur les femmes qui entreprennent, auquel j’ai contribué. A écouter sur Marie Claire également, une série de 6 podcasts La belle audace avec des femmes qui expliquent finement à quel moment et dans quelles circonstances elles ont décidé de se lancer.

J’ai pu rencontrer des femmes formidables, qui oeuvrent chaque jour pour convaincre et soutenir les entrepreneures, comme par exemple :

  • Frédérique Clavel et Sophie Meurisse, qui ont corédigé un livre Entrepreneuse, pourquoi pas vous ? (Eyrolles). Les écouter ici.
  • Viviane de Beaufort, auteure de l’ouvrage : Génération #startuppeuse ou la nouvelle ère aux Editions Eyrolles.
  • Sophie Courtin-Bernardo et Dominique Descamps, de L-Start, qui ont corédigé Femmes entrepreneures, se lancer et réussir, aux Editions Lextenso, ouvrage pratique pour créer son entreprise, pour lequel j’ai été interrogée.

Et  j’ai eu la chance de faire la connaissance de femmes qui se sont lancées, témoignent et partagent leur vécu avec générosité et authenticité, qu’elles en soient remerciées (liste non exhaustive !) : Nathalie Lebas-Vautier, Angélique de Rocquigny, Sandra Leblanc-Mesnel, Lara Pawlicz, Françoise Poulain-Bazin.

Vous avez une idée, vous voulez créer une entreprise, vous souhaitez être accompagné.e dans votre projet, vous dirigez un programme d’intraprenariat en entreprise ? Me contacter pour avancer ensemble.