Coaching or not coaching

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Vous vous demandez peut-être ce qu’est le coaching ? Mot à la mode utilisé à tort et à travers, notamment par les médias et la publicité.

Voici une définition apportée par Pierre Angel et Patrick Amar (Que sais-je ? PUF, 2005) : « le coaching en milieu professionnel est un processus d’accompagnement d’une personne ou d’un groupe de personnes au travail avec pour objectif l’optimisation du potentiel des individus. L’intervention de coaching crée un espace où l’individu peut évacuer ce qui fait obstacle à son développement, exprimer son désir et ses aspirations, développer ses atouts, acquérir de nouvelles compétences et des savoirs, et mettre en oeuvre un plan d’amélioration de sa performance ».

Ce que le coaching n’est pas : du conseil, du mentoring, une thérapie ou une formation. Il est une coconstruction, une coélaboration entre coach et coaché, fondée sur la puissance de la relation intersubjective. Le postulat est que le coaché possède en lui les compétences et le potentiel pour trouver ses propres solutions. Le coach agit comme un catalyseur, un facilitateur de changement.

D’où vient ce mot ? Il proviendrait du français « coche » que des experts font dériver du hongrois kocsis ou du tchèque koczi. Ce terme désignait au XVIe siècle une imposante voiture tirée par des chevaux et destinée au transport de voyageurs. L’homme préposé à la conduite du coche portait tout naturellement le nom de « cocher ». Une autre catégorie avait déjà bien avant reçu l’appellation de cocher : le guerrier qui dans l’Antiquité se tenait debout aux côtés du prince et était chargé de diriger le char au cours de la bataille. Ces cochers civils ou militaires jouaient un rôle discret, mais essentiel : celui de conduire leurs passagers, de les emmener d’un point à un autre, de les accompagner, de leur faire passer des obstacles. Coachs avant l’heure… Au cours de l’histoire, le mot « coche » a franchi plusieurs frontières avant de faire souche en Amérique, où il a acquis au XXe siècle un sens inédit : celui d’entraineur, de préparateur, d’accompagnateur sportif. (Vincent Lenhardt, Dictionnaire des coachings, Dunod, 2007). D’ailleurs, comment dit-on « entraîner » en anglais ? To coach.

On peut décerner à Socrate le titre honorifique de père du coaching : celui qui lançait « connais-toi toi-même » au Ve siècle avant Jésus-Christ et fut le précurseur de la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits : « Je crois qu’on ne peut mieux vivre qu’en cherchant à devenir meilleur, ni plus agréablement qu’en ayant la pleine conscience de son amélioration », professait le philosophe grec.

Aujourd’hui, comme hier outre-Atlantique, le coaching connaît une progression rapide parmi les dirigeants, les managers, et de plus en plus les cadres. Et comme l’histoire aime à se répéter, le coaching est en train de déborder du monde de l’entreprise pour s’étendre au domaine de la vie privée. On fait désormais appel à un coach pour réfléchir à ses choix de carrière, sa façon de travailler, de communiquer, de manager, ou encore … de s’habiller.

Vincent Lenhardt ajoute : « nombre de personnes ont désespérément besoin de retrouver du sens et de reconstruire du lien social. L’éminent psychologue Carl Rogers a considéré que personne ne peut apprendre quoi que ce soit à autrui, et l’on sait désormais que ce n’est jamais totalement l’accompagnateur d’un côté, ni le client coaché d’autre part, qui ont seuls la solution, mais que c’est dans l’intersubjectivité, dans la rencontre, que naît la solution. »

La demande des entreprises évolue : il est de plus en plus question de favoriser chez les coachés l’ouverture à la complexité, la prise en compte de la diversité, l’acquisition d’une plus grande maturité relationnelle (Reine-Marie Halbout, Savoir être coach, Eyrolles, 2009). Si le coaching se développe, c’est bien parce qu’il correspond à un besoin profond de trouver de nouveaux repères individuels et collectifs au sein des entreprises. Il comporte des atouts à la fois pour les collaborateurs amenés à prendre du recul, à bénéficier d’un temps pour eux, à se développer personnellement et professionnellement et pour les entreprises, confrontées à des défis essentiels (culturels, économiques et sociaux). Pour autant, la vigilance doit être de mise, afin que coachs et coachés ne se retrouvent pas instrumentalisés. Je conclurai en citant les propos de Valérie Brunel que je partage : « Penser le monde du travail comme dépendant d’abord de paramètres interpersonnels, c’est prendre le risque de transformer les conflits organisationnels en conflits inter ou intrapsychiques » (Les managers de l’âme : le développement personnel en entreprise, nouvelle pratique du pouvoir ? La Découverte, 2008″). L’antidote à l’instrumentalisation ? Pour le coach, la déontologie et la supervision ; pour le coaché, le contrat, qui le protège, ainsi que la confidentialité absolue des échanges.

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Questions fréquentes sur le coaching.

 

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