Nos intelligences préférées

J’ai découvert récemment le Jeu des intelligences (1), intéressant en coaching pour aider à se présenter par exemple, en mettant en avant ses capacités et ressources, ou pour régler des problèmes relationnels au sein d’une équipe, ou pour prendre des décisions. Il s’agit d’un Phototexte, un ensemble d’images qui illustrent les compétences associées à chacune des neuf intelligences dont nous disposons :

  • Intelligence naturaliste (comprendre l’environnement dans lequel l’humain évolue)
  • Intelligence linguistique (capacité à comprendre et utiliser les mots et les nuances de sens)
  • Intelligence visuo-spatiale (capacité à trouver son chemin dans un environnement donné et à établir des relations entre les objets dans l’espace)
  • Intelligence interpersonnelle (aptitude à discerner l’humeur, le tempérament, la motivation et le désir des autres personnes et à y répondre correctement)
  • Intelligence existentielle (celle des penseurs et des philosophes ; elle permet d’appréhender les questionnements sur les événements de la vie, l’origine et le sens des choses, les valeurs éthiques et le sens de la justice)
  • Intelligence logico-mathématique (capacité de logique, d’analyse, d’observation ainsi que celle de résoudre les problèmes)
  • Intelligence musicale (facilité à mémoriser des mélodies, harmoniser des sons et à reconnaître les rythmes)
  • Intelligence intrapsychique (chez les personnes qui aiment apprendre, s’améliorer, qui savent se remettre en question et faire preuve d’autocritique)
  • Intelligence corporelle (faculté d’apprendre et de penser à partir de toutes les perceptions de son corps)

Les auteurs du jeu se sont notamment inspirés d’Howard Gardner et de ses travaux sur les intelligences multiples.

Frames of mind, l’ouvrage qui rendit Howard Gardner célèbre en 1983, est un manifeste contre la tyrannie du QI. Gardner y démontre qu’il n’existe pas une forme unique, monolithique d’intelligence dont dépend la réussite dans la vie, mais plutôt un large éventail d’intelligences, que l’on peut ranger dans sept catégories principales :

  • l’agilité verbale
  • l’agilité logico-mathématique
  • la maîtrise de l’espace
  • le génie kinesthésique
  • le talent musical
  • le talent interpersonnel
  • la capacité intrapsychique

L’intelligence interpersonnelle est subdivisée en quatre capacités : celle de diriger, celle d’entretenir des relations et de conserver des amis, celle de résoudre les conflits, celle pour analyser les rapports sociaux.

Selon Daniel Goleman, auteur de L’intelligence émotionnelle, dont je vous recommande la lecture, « l’intelligence émotionnelle recouvre l’empathie, l’aptitude à se motiver ou à persévérer dans l’adversité, à maîtriser ses pulsions et à attendre avec patience la satisfaction de ses désirs, la capacité de conserver une humeur égale et de ne pas se laisser dominer par le chagrin au point de ne plus pouvoir penser, la capacité d’espérer. » (page 64)

Les études qui se sont multipliées ces dernières années sur l’intelligence émotionnelle laissent à penser qu’elle contribue au moins autant si ce n’est plus à la réussite et au bonheur des individus que le QI qui ne représenterait que 20 % des facteurs de réussite dans une vie.

L’injonction de Socrate « connais toi toi-même » renvoie à cette clé de voute de l’intelligence émotionnelle nous explique Daniel Goleman : « il faut être conscient de ses propres sentiments au fur et à mesure de leur apparition. On pourrait penser que nos sentiments parlent d’eux-mêmes, mais nous gardons tous en mémoire des épisodes où nous n’avons pas fait attention à nos sentiments réels, ou nous y avons fait attention, mais trop tard. Je parle de conscience de soi pour désigner cette attention permanente à son état intérieur. Dans cette conscience réflexive, l’esprit observe et étudie l’expérience elle-même, y compris les émotions. L’empathie repose sur la conscience de soi ; plus nous sommes sensibles à nos propres émotions, mieux nous réussissons à déchiffrer celles des autres ».

Elodie Bergerault, avec laquelle j’ai conçu deux ateliers, l’un sur le leadership, l’autre sur l’incertitude, m’a recommandé ce test sur l’intelligence émotionnelle : le consulter ICI. Merci Elodie pour ta recommandation !

(1) Le jeu des intelligences a été créé par Manuel de Sousa, Gilles Dufour et Arnaud Constancias, « Souriez vous jouez« , Editions « Souriez vous managez ».

Coaching or not coaching

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Vous vous demandez peut-être ce qu’est le coaching ? Mot à la mode utilisé à tort et à travers, notamment par les médias et la publicité.

Voici une définition apportée par Pierre Angel et Patrick Amar (Que sais-je ? PUF, 2005) : « le coaching en milieu professionnel est un processus d’accompagnement d’une personne ou d’un groupe de personnes au travail avec pour objectif l’optimisation du potentiel des individus. L’intervention de coaching crée un espace où l’individu peut évacuer ce qui fait obstacle à son développement, exprimer son désir et ses aspirations, développer ses atouts, acquérir de nouvelles compétences et des savoirs, et mettre en oeuvre un plan d’amélioration de sa performance ».

Ce que le coaching n’est pas : du conseil, du mentoring, une thérapie ou une formation. Il est une coconstruction, une coélaboration entre coach et coaché, fondée sur la puissance de la relation intersubjective. Le postulat est que le coaché possède en lui les compétences et le potentiel pour trouver ses propres solutions. Le coach agit comme un catalyseur, un facilitateur de changement.

D’où vient ce mot ? Il proviendrait du français « coche » que des experts font dériver du hongrois kocsis ou du tchèque koczi. Ce terme désignait au XVIe siècle une imposante voiture tirée par des chevaux et destinée au transport de voyageurs. L’homme préposé à la conduite du coche portait tout naturellement le nom de « cocher ». Une autre catégorie avait déjà bien avant reçu l’appellation de cocher : le guerrier qui dans l’Antiquité se tenait debout aux côtés du prince et était chargé de diriger le char au cours de la bataille. Ces cochers civils ou militaires jouaient un rôle discret, mais essentiel : celui de conduire leurs passagers, de les emmener d’un point à un autre, de les accompagner, de leur faire passer des obstacles. Coachs avant l’heure… Au cours de l’histoire, le mot « coche » a franchi plusieurs frontières avant de faire souche en Amérique, où il a acquis au XXe siècle un sens inédit : celui d’entraineur, de préparateur, d’accompagnateur sportif. (Vincent Lenhardt, Dictionnaire des coachings, Dunod, 2007). D’ailleurs, comment dit-on « entraîner » en anglais ? To coach.

On peut décerner à Socrate le titre honorifique de père du coaching : celui qui lançait « connais-toi toi-même » au Ve siècle avant Jésus-Christ et fut le précurseur de la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits : « Je crois qu’on ne peut mieux vivre qu’en cherchant à devenir meilleur, ni plus agréablement qu’en ayant la pleine conscience de son amélioration », professait le philosophe grec.

Aujourd’hui, comme hier outre-Atlantique, le coaching connaît une progression rapide parmi les dirigeants, les managers, et de plus en plus les cadres. Et comme l’histoire aime à se répéter, le coaching est en train de déborder du monde de l’entreprise pour s’étendre au domaine de la vie privée. On fait désormais appel à un coach pour réfléchir à ses choix de carrière, sa façon de travailler, de communiquer, de manager, ou encore … de s’habiller.

Vincent Lenhardt ajoute : « nombre de personnes ont désespérément besoin de retrouver du sens et de reconstruire du lien social. L’éminent psychologue Carl Rogers a considéré que personne ne peut apprendre quoi que ce soit à autrui, et l’on sait désormais que ce n’est jamais totalement l’accompagnateur d’un côté, ni le client coaché d’autre part, qui ont seuls la solution, mais que c’est dans l’intersubjectivité, dans la rencontre, que naît la solution. »

La demande des entreprises évolue : il est de plus en plus question de favoriser chez les coachés l’ouverture à la complexité, la prise en compte de la diversité, l’acquisition d’une plus grande maturité relationnelle (Reine-Marie Halbout, Savoir être coach, Eyrolles, 2009). Si le coaching se développe, c’est bien parce qu’il correspond à un besoin profond de trouver de nouveaux repères individuels et collectifs au sein des entreprises. Il comporte des atouts à la fois pour les collaborateurs amenés à prendre du recul, à bénéficier d’un temps pour eux, à se développer personnellement et professionnellement et pour les entreprises, confrontées à des défis essentiels (culturels, économiques et sociaux). Pour autant, la vigilance doit être de mise, afin que coachs et coachés ne se retrouvent pas instrumentalisés. Je conclurai en citant les propos de Valérie Brunel que je partage : « Penser le monde du travail comme dépendant d’abord de paramètres interpersonnels, c’est prendre le risque de transformer les conflits organisationnels en conflits inter ou intrapsychiques » (Les managers de l’âme : le développement personnel en entreprise, nouvelle pratique du pouvoir ? La Découverte, 2008″). L’antidote à l’instrumentalisation ? Pour le coach, la déontologie et la supervision ; pour le coaché, le contrat, qui le protège, ainsi que la confidentialité absolue des échanges.

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Questions fréquentes sur le coaching.