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Opter pour le coaching : est-ce pour vous une lente maturation ou un événement en apparence brutal amenant une décision claire et nette : « je vais commencer un coaching » ? Qu’est-ce qui motive une telle décision ? Quelle représentation vous faites-vous du coaching ? La différence avec la thérapie est-elle claire pour vous ? Qu’attendez-vous de la personne qui va vous accompagner pendant quelques semaines ou quelques mois ? Pour quelles raisons la choisissez-vous ?

Toutes ces questions, vous les connaissez parce que vous vous êtes déjà fait coacher, ou vous vous les posez aujourd’hui parce que vous êtes dans une démarche de réflexion sur cette forme d’accompagnement dont on parle beaucoup, mais dont les spécificités ne sont pas forcément toujours très bien connues.

Avant de contacter un ou une coach, écrivez pour vous votre demande à son égard, le sujet va arriver très vite lors de votre premier échange.

Sans entrer dans les détails, vous pouvez souhaiter un coaching de développement, de soutien, de prise de décision, de résolution de problème, de mise en cohérence de sens et de choix de vie …

En m’interrogeant sur le début d’un coaching, qui compte dans le déroulement du process global d’accompagnement, et à mes propres débuts en tant que coachée, je me suis arrêtée sur la notion de commencement.

Comme nous le rappelle Pierre-Olivier Monteil dans son livre Ethique de la pratique ordinaire (Edition Pocket, 2021), « le courage est l’art de commencer » ainsi que le souligne Vladimir Jankélévitch. « Il constitue une valeur non thésaurisable, car elle ne se conjugue qu’au présent : on n’est courageux qu’en situation. Ce n’est donc pas tant une compétence qu’une capacité à réagir et à se risquer » (page 155).

Claire Marin vient de publier son dernier ouvrage Les débuts, par où recommencer ? aux Editions Autrement, 2023. Elle y aborde à sa place de philosophe et avec son style à la fois poétique et accessible la notion du « début » et aborde ainsi par effraction la métamorphose de l’identité, mon sujet phare. Depuis la maladie jusqu’aux différents cataclysmes ou événements heureux de l’existence qui constituent notre identité. A quoi reconnaît-on les débuts ? Par des ruptures ou des mouvements de places ? Par des inaugurations ? Par des émotions et sentiments ressentis ?

Voici ci-dessous quelques extraits tirés de cet ouvrage dont je vous recommande la lecture :

« Le début à la différence du commencement, est une expérience verticale du temps. Le début tranche, il interrompt le temps, là où le commencement s’y écoule paresseusement. La poésie des débuts est dans la beauté de l’inachevé, l’évanescence de ce qui a tout juste commencé à être… Tout début est un don qu’on interprète de manière singulière. » (page 37)

Ainsi, selon Henri Bergson, le « déroulement de notre durée ressemblerait par certains côtés à l’unité d’un mouvement qui progresse. Les états intérieurs du sujet ne pourraient pas être distincts … aucun d’eux ne commence ni ne finit, mais tous se prolongent les uns les autres. Vivre est un enroulement perpétuel, comme celui d’un fil sur une pelote, car notre passé nous suit, il se grossit sans cesse du présent qui ramasse sur sa route. » (pages 52 et 53) Est-ce compatible demande Claire Marin avec le chaos intérieur des crises que nous traversons parfois, à l’adolescence ou en milieu de vie ?

« Il n’est pas rare que les idées qui vont nous occuper toute une vie nous apparaissent à l’improviste » Clément Rosset

« Je crois prendre une décision, mais il se pourrait que j’en ignore les véritables motifs, le travail souterrain qui s’opère en moi. Y a t-il un jour, un instant précis où nous décidons d’être celui que nous sommes devenus ? (page 67)

A travers nos romans familiaux, les débuts sont récités, répétés, (ré)interprétés. Selon Paul Ricoeur, c’est l’individu qui interprète son commencement, ma vie a commencé avant moi : « La question de notre naissance est en fait celle de notre commencement. Quand ma vie commence t-elle ? Plus exactement, à quel moment, je commence ? … Je procède d’un mouvement que je n’ai pas initié … Me voilà dépossédé du début et de la décision de mon existence… Paradoxalement, ce n’est que par la subjectivité que la naissance pourra être un commencement … (page 100)

« Raconter son histoire, c’est toujours aussi raconter l’histoire de tous ceux dont la vie a été entremêlée à la nôtre, c’est dévoiler un pan de leur existence qu’ils pourraient préférer ne pas voir exposé, c’est parfois trahir… C’est peut-être parce que j’appréhende les effets d’un récit que je ne parviens pas à le commencer. Peut-être enfin parce que je crains la violence de ma propre histoire. Mon histoire n’est parfois qu’un rempart contre une vérité trop vive, une façade dissimulant l’impossible récit. Je me raconte des histoires pour ne pas raconter la mienne ». Comment libérer le récit et (re) devenir l’auteur de son histoire ? (pages 111 et 113)

A lire aussi : « L’amour est la seule chose qui contrecarre l’absurdité de l’existence »

Me contacter pour un premier échange.

Enquête sur le travail en France : plus de 76 % des Français aiment leur travail

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La CFDT a publié en mars 2017 les résultats d’une grande enquête sur le travail en France : plus de 200 000 personnes ont répondu à un questionnaire très détaillé, avec 172 questions mises en ligne entre septembre et décembre 2016 sur le site parlonstravail.fr. (1)

Principaux enseignements de cette vaste étude, une perception largement positive :

  • 76,4 % déclarent aimer leur travail
  • 57,5 % prennent du plaisir à travailler
  • 55,7 % sont fiers de ce qu’ils font

Mais,

  • 45 % ont le temps de faire correctement leur travail
  • 42 % déplorent un manque de reconnaissance
  • 26,4 % déclarent que leur travail est leur santé (un lien évident est noté entre travail et douleurs physiques, perte de sommeil, prise d’alcool et médicaments)
  • 1 salarié sur 8 affirme vivre des situations dans lesquelles il se sent malmené

Travail, horaires, et vie personnelle :

  • 2/3 déclarent que leur travail s’accorde bien ou très bien à leur vie sociale et familiale
  • Au-delà de 39h/semaine, il devient beaucoup plus difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle (et d’autant plus pour les petits salaires et les travailleurs de nuit)

La charge de travail s’accroît :

  • Plus de 50 % déclarent avoir une charge de travail excessive
  • 28,9 % ont une charge de travail normale selon eux

Partage du temps de travail :

  • 55,6 % des salariés et fonctionnaires déclarent être favorables au partage du travail en vue de diminuer le chômage

Argent et travail :

  • 84 % des salariés déclarent travailler avant tout pour subvenir à leurs besoins
  • 2/3 des salariés trouvent leur rémunération insuffisante par rapport à leurs efforts
  • 65 % trouvent que dans leur entreprise/administration, les écarts entre les plus hautes rémunérations et les plus faibles sont trop importants
  • 60 % ne travaillent pas pour gagner le plus d’argent possible avant tout (l’argent est central, mais il ne résume pas tout)
  • Ceux qui affirment travailler pour autre chose que l’argent sont d’abord les jeunes

Voir les témoignages de répondants.

(1) Télécharger le rapport : Parlonstravail_rapportcomplet

A lire : une vision prospective et positive du travail en 2030.

Osons le rêve en entreprise

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En cette période de Noël, chère aux enfants, j’avais envie de m’intéresser à un sujet peu évoqué dans la sphère professionnelle, et vous faire découvrir les résultats d’une grande enquête, La Boîte à Rêves, signée The Boson Project et Capgemini Consulting.

Leur pari ? Unir une bonne fois pour toutes deux notions qu’a priori rien ne relie naturellement : le rêve et l’entreprise. La bonne nouvelle ? Cette idée saugrenue ne l’est en réalité pas tant. Et oui, après avoir nourri le ventre de l’humanité avec du travail, son ego avec de la reconnaissance, son cerveau avec du sens… il est temps de nourrir son âme avec du rêve.

Un peu partout sur cette planète du monde de l’entreprise somnolent doucement mais sûrement des collaborateurs qui s’endorment à défaut de s’épanouir. Quoi de pire pour une entreprise que d’avoir son principal actif, l’humain, en mode « veille » dans un monde qui va à fond ?

Aux questions « Et toi tu rêves en entreprise ? » et « L’entreprise te fait-elle rêver », voici quelques résultats et des surprises :

  • Pour 82 % des répondants, le couple rêve et entreprise est compatible.
  • Et ils vont même plus loin : pour 62,5 % d’entre eux, rêver en entreprise est vital, pour 36 % rêver est un « plus », alors que seulement 1,5 % déclarent le rêve inapproprié en entreprise.
  • 81 % répondent par l’affirmative à la question : « As-tu besoin de rêver pour t’engager » ?
  • 40 % des répondants déclarent ne pas rêver, alors qu’ils affirment aussi que c’est la condition sine qua non de leur engagement…
  • Seulement 37 % constatent que le rêve est encouragé dans leur entreprise, pour 33 % n’a pas lieu d’être, pour 23 % il est toléré.
  • Les rêveurs moteurs ont un potentiel d’engagement incroyable, et ils sont 57 % des répondants.
  • 23 %, en majorité des femmes, avouent ne pas rêver dans leur entreprise. Elles – ils – attendent de la confiance pour rêver.
  • Les pragmatiques (10 %) et les loups solitaires (10 %) ne se sentent pas concernés.
  • Les clés du rêve : le temps (16 %), la liberté (11 %), la confiance (4 %) et le projet (4 %) sont le plus souvent cités. Autre grande famille : passion, inspiration et sens en appellent à des ressorts plus individuels.
  • « Ton rêve en entreprise, ce serait quoi ? » : 35 % prendre mon pied, ne jamais m’ennuyer ; 27 % entreprendre, un projet à monter ; 18 % continuer d’apprendre, toujours m’améliorer ; 13 % être utile ; 5 % gravir les échelons ; 2 % avoir un job stable, plus de sécurité.
  • « Qu’est-ce qui te pousserait à te dépasser ? » : 47 % un projet qui me parle ; 27 % des challenges de fou ; 19 % de la confiance
  • « Qui est-ce qui te pousserait à te dépasser ? » : 45 % un manager qui m’encourage ; 26 % des collègues qui me soutiennent ; 21 % un PDG qui m’inspire.
  • Un leader doit avant tout donner envie aux collaborateurs, la passion (40 %) ; désigner le cap à suivre, la vision (35 %) ; laisser une réelle autonomie (16 %) ; partager l’information en toute transparence (9 %).
  • Pour 78 % des répondants, le leader n’est pas singulier, mais pluriel ; et pour 57 % quelqu’un à qui on peut s’identifier. Ses trois attributs les plus plébiscités sont : l’écoute, l’exemplarité, l’accessibilité.

Conclusion des signataires de l’étude : « Les rêveurs ont un rôle à jouer. Notre monde est devenu trop complexe, trop imprévisible pour ne pas laisser la place aux rêves. Ce sont eux qui vont inventer le monde de demain en dehors des sentiers battus, qui vont créer de nouveaux territoires, de nouvelles façon de travailler. »

Méthodologie de l’enquête : 2 500 Français, hommes et femmes, qui, du 28 septembre au 4 novembre 2015, ont pris le temps de répondre au questionnaire qui leur a été soumis de manière exclusivement virale via des réseaux sociaux comme Twitter ou LinkedIn, le site internet Lesechos.fr ou encore via e-mail pour certaines entreprises privées ou certaines grandes écoles et universités. Par le choix des canaux utilisés, le panel de répondants présente certaines caractéristiques : il s’agit, pour plus de 70 % de répondants jeunes (moins de 35 ans), cadres et salariés à plein temps.

A lire sur le blog, autre article sur le leadership.

A découvrir : un atelier pour travailler sa posture de leader, à la fois mentale et physique.

Pourquoi remettre ses rêves et ses désirs au lendemain ?

Phrase découverte grâce à Pierre Clavel, Président de Shynleï, que je vous partage ici : « Les rêves chuchotent à nos oreilles, ils ne crient pas ».

Découvrir l’accompagnement individuel Shynleï que je propose.

La comédie musicale réalisée par un franco-américain, Damien Chazelle, qui a fait un carton fin 2016 (avec sept récompenses aux Golden Globes), La La Land, met en scène les rêves qui se réalisent, avec les joies et les renoncements qui en découlent immanquablement. Voici ce qu’en dit ce jeune réalisateur de 32 ans : « Le titre est bien sûr une référence à Los Angeles, L.A., mais aussi à une expression qu’on utilise en anglais. Dire à quelqu’un « Tu vis en La La Land ! » signifie « Arrête de rêver ! » Je voulais saluer les gens qui ne sont pas réalistes, qui croient à leurs rêves et sont prêts à affronter l’impossible pour les réaliser. »