L’écoute

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Comme on écoute…

J’ai eu la chance d’assister à une expérience singulière, que je vous recommande : déjeuner dans un noir total, à l’écoute de ses sens, celui de la vision, si rassurant et familier, ayant disparu. Comment se servir de l’eau (ou du vin) dans son verre sans en mettre à côté ? Comment guider sa fourchette ? Est-ce que j’apprécie les plats uniquement au goût ou à l’odeur ? Est-ce que je fais confiance au serveur et guide aveugle des empotés que nous sommes devenus pour rejoindre notre table ? Comment accepter de vivre l’espace de quelques heures une situation de handicap ?

Et est-ce que mon écoute va être différente si je suis plongée dans le noir total ? C’est ce qui m’a motivée pour assister à cette expérience, proposée de façon très judicieuse par l’association Communication&Entreprise. Le groupe de travail Ecoute a donc… écouté ceux qui écoutent : des ingénieurs du son, des médiateurs, des psys, des religieux, des journalistes, des enseignants, des interprètes, des avocats, des dirigeants d’entreprise, des élus …

Le matériel sonore recueilli a été présenté lors de déjeuners en partenariat avec  l’école de communication et de journalisme IICP, dans le Restaurant Dans le noir ? 51 rue Quincampoix – 75004 Paris.

Voici les podcasts des trois enregistrements effectués : dressez l’oreille.

Revivez l’atelier « Et si on écoutait ? » du 21 juin 2016 par Communication&Entreprise :
En présence de 3 professionnels de l’écoute : Ludovic Asselot, chef opérateur du son à Radio France, Antoinette de Véricourt, orthophoniste et Emmanuel Roy, coordinateur de « Solitude Écoute ».

 

Qu’est-ce que l’écoute ?

La clé de l’écoute : l’humilité. Ecouter, cela signifie accepter de s’oublier soi en écoutant l’autre : c’est le décentrage. C’est une attitude, une posture mentale. Ce n’est pas de la passivité, c’est au contraire l’action de révélation du sens. Notre corps se met tout entier en situation d’écoute. La force de l’écoutant : savoir décrypter ce qui se cache derrière le silence. La reformulation par l’écoutant permet à celui qui parle de s’entendre. L’écoute est une posture d’accueil et d’ouverture de l’autre. L’écoutant offre son oui et son ouïe pour se connecter à l’autre. L’écoute est un art qui s’apprend. Pour les professionnels de l’accompagnement, l’écoute est thérapeutique. Pour les journalistes ou les avocats, l’écoute vise à comprendre. Le point commun entre ces métiers ? L’écoute permet de mieux comprendre l’autre et de mieux se comprendre soi-même.

Dans le podcast 3, les 7 conseils clés à retenir :

1/ la disponibilité de temps et d’esprit

2/ être dans un environnement de qualité

3/ établir le cadre relationnel

4/ pratiquer un véritable décentrement

5/ la bienveillance et l’empathie

6/ l’ouverture à la diversité de l’autre

7/ la concentration maximale

« Entendre est un acte physiologique, écouter un acte psychologique » Roland Barthes.

 

Reconnaissance officielle du titre de coach professionnel

Une étape importante et attendue vient d’être franchie pour la profession des coachs professionnels et leurs clients : la reconnaissance officielle du titre de coach professionnel par la CNCP (Commission Nationale de la Certification Professionnelle). Le ministère du Travail reconnaît le métier de coach professionnel : il s’agit d’un titre professionnel inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

C’est l’aboutissement d’un travail commun entre ICF (International Coach Federation), SFC (Société Française de Coaching) et EMCC (Association Européenne de Coaching).

Pour en savoir plus : le communiqué de presse d’ICF.

Nouveauté 2019, les principales fédérations professionnelles se sont réunies en une structure commune pour poursuivre la professionnalisation du métier de coach, à lire ici sur LinkedIn le communiqué de presse l’annonçant.

A lire : coaching or not coaching.

Pour la sociologie

zoom

Premier billet, un hommage au livre de Bernard Lahire aux éditions La Découverte : Pour la sociologie. Pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse ».

J’ai découvert en lisant son livre cette expression d' »excuse sociologique ». Elle apparaît par exemple lors d’un discours prononcé en 2009 devant la National Association for the Advancement of Colored People par le président Barack Obama : « Nous devons dire à nos enfants : oui, si vous êtes afro-américains, les probabilités de grandir au milieu du crime et des gangs sont élevées. Oui, si vous vivez dans un quartier pauvre, vous ferez face à des défis auxquels quelqu’un vivant dans une banlieue riche n’a pas à faire face. Mais ce n’est pas une raison pour avoir de mauvaises notes (applaudissements), ce n’est pas une raison pour manquer la classe (applaudissements), ce n’est pas une raison pour renoncer à votre éducation et abandonner l’école (applaudissements). Personne n’a écrit votre destin pour vous. Votre destin est entre vos mains, vous ne pouvez pas l’oublier. Voilà ce que nous devons enseigner à tous nos enfants. Aucune excuse ! (applaudissements) Aucune excuse ! » (page 22).

Bernard Lahire pose l’enjeu : cette affirmation du président américain rend « responsables » les élèves issus des familles populaires de leurs échecs scolaires. « Chacun a son destin entre les mains et n’a, par conséquent, aucune excuse lorsqu’il échoue : on sacralise d’autant plus l’individu libre et autonome qu’on veut le rendre responsable de tous ses malheurs » (page 23).

Je vous conseille vivement la lecture de ce livre, pour entrer dans une explication claire, didactique, sans jargon universitaire, de ce qu’est réellement la sociologie. Avec les arguments clés suivants : la volonté de comprendre du sociologue n’est pas excuse, ni jugement, ni déresponsabilisation. Le sociologue n’est pas là pour dire ce qui est bien ou mal, il est là pour décrire les faits et la réalité, telle qu’elle est, même si elle ne fait pas plaisir.

« La sociologie dit seulement que les choix, les décisions et les intentions sont des réalités au croisement de contraintes multiples. Ces contraintes sont à la fois internes, faites de l’ensemble des dispositions incorporées à croire, voir, sentir, penser, agir, forgées à travers les diverses expériences sociales passées, et externes, car les choix, les décisions et les intentions sont toujours ancrés dans des contextes sociaux et même parfois formulés par rapport à des circonstances sociales ». (page 56)

« La sociologie fait apparaître les logiques présidant à des pratiques… elle historicise des états de fait tenus pour naturels… elle désubstantialise aussi les individus qui ne sont devenus ce qu’ils sont que reliés à toute une série d’autres individus… elle compare et met en lumière les transformations de phénomènes considérés comme éternels et invariants… et elle contredit les mensonges volontaires ou involontaires sur l’état du réel et défait les discours d’illusion ». (page 86)

Pour finir et pour faire le lien avec la sociologie clinique qui m’est chère, « la grille de compréhension du monde par l’étude de l’environnement social ne s’oppose pas à la compréhension de notre histoire personnelle singulière… Il est possible par un travail de reconstruction minutieux, de saisir les multiples conditions sociales de production de soi ; un soi sans cesse formé dans un tissu de relations sociales, de liens d’interdépendance multiples. » (page 155)

C’est ce travail de reconstruction que je propose dans l’atelier « Exprimer son identité professionnelle » (voir rubrique Domaines d’intervention).

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