Identité et mémoire

Musée d’Orsay, Paris

Le dernier ouvrage de Charles Pépin, Vivre avec son passé, Allary Editions, 2023, et non pas dans son passé comme il me l’a dédicacé, aborde de manière très approfondie la notion de mémoire. En le lisant, j’ai appris grâce à lui que nous avions cinq mémoires, trois principales et deux subsidiaires (page 27) :

  • la mémoire épisodique (ou mémoire autobiographique) : le souvenir des épisodes de notre vie
  • la mémoire sémantique (ou mémoire des mots et des notions) : en elle, s’inscrit notre connaissance du monde
  • la mémoire procédurale (rattachée à nos réflexes et habitudes, qui se rapproche de la « mémoire habitude » de Bergson) : la mémoire des habiletés
  • la mémoire de court terme, de travail, et sensorielle

La mémoire épisodique est le siège de notre histoire : « un souvenir n’est pas une donnée inscrite dans notre cerveau » (page 32). Le souvenir est comme une sorte de réseau : le cerveau lors d’un épisode vécu met en relation différentes régions de celui-ci. Ainsi, notre cerveau est transformé par notre vécu. « Notre cerveau se définit par sa plasticité, sa capacité à évoluer sans cesse, tel un dense réseau rhizomique en perpétuelle reconfiguration » (page 35).

La mémoire sémantique contient l’ensemble des connaissances, idées et jugements que nous avons : « Nos interprétations ancrées dans notre mémoire sémantique implicite ne sont pas seulement personnelles, elles passent aussi par le spectre d’un héritage familial et sociologique. Nos « vérités » sont en partie influencées, voire déterminées, par notre milieu social. Notre mémoire sémantique implicite porte des représentations du monde et de la société, elle véhicule des règles de vie, des valeurs et des croyances qui procèdent autant de notre vécu personnel que de l’héritage de notre classe sociale ». (page 43). Cette affirmation rejoint tous mes écrits précédents sur la sociologie clinique, que mes lecteurs fidèles reconnaîtront. Intéressant de constater que les neurosciences rejoignent les travaux des sociologues cliniciens.

« Nous n’avons pas besoin d’être d’accord avec notre héritage pour qu’il se perpétue à travers nous. Nous pouvons mettre du temps à comprendre ce que nous portons en nous, en plus de notre passé individuel, le passé de nos aïeux et de notre classe sociale. Notre passé ne commence pas à notre naissance, mais trouve son origine bien avant, dans la vie, les croyances, les souffrances et les joies de ceux qui nous ont précédés, et dont nous héritons parfois sans le savoir » (page 45). Charles Pépin rejoint quand à lui la réflexion de la philosophe Claire Marin, que j’ai développée dans un article intitulé Commencer, sur la notion de temps : elle y cite dans son ouvrage Paul Ricoeur et le roman familial, cher aux psychanalystes et sociologues cliniciens.

Les neurosciences nous montrent ainsi que, au présent, nous entretenons une relation constante et complexe avec notre passé. Un exemple parmi d’autres évoqué par Charles Pépin : une perception, une odeur par exemple, est imprégnée d’un souvenir (cf. Bergson). Il existe « un lien intime tissé entre nos perceptions et la mémoire du passé. Cette fameuse Madeleine de Proust a depuis donné son nom à toute réminiscence déclenchée par une sensation. (page 72) Mais pour cela, il nous faut être « disponibles, réceptifs, pour pouvoir lever le voile du passé et ressentir la félicité des douces réminiscences. Il nous faut être pleinement présents dans l’instant, s’y abandonner, capables d’accueillir ce qui surgit pour libérer l’accès à notre passé » (page 74).

L’art de bien hériter (page 161). J’aime bien cette formulation, elle rejoint la fameuse phrase de Jean-Paul Sartre : « La liberté de l’individu est ce qu’il fait de ce que l’on a fait de lui« , que j’ai mise en exergue dans ma brochure professionnelle. Charles Pépin nous conseille de nous approprier notre héritage en accueillant ce qui nous a constitués, de telle manière qu’il nous conduise à l’expression de notre singularité. Beau (et parfois difficile) programme. Que je propose à mes clients en coaching, ou même en bilan de compétences, quand des questions de fond surgissent sur le choix d’un métier par exemple : choix dicté par la loyauté ? Choix vraiment libre, hors de toute détermination sociale ? Le temps que l’on s’autorise, celui de l’introspection à l’occasion d’un accompagnement (de type coaching ou bilan de compétences) est précieux pour faire ce pas de côté nous aidant à répondre à ces questions.

Conclusion optimiste, que je partage : « Notre passé ne nous enferme ni dans une essence ni dans une identité, encore moins dans un affect. Nous pouvons le réinterpréter, le revisiter, et même le transformer, revenir sur nos mauvais souvenirs et les revivre autrement. Nous pouvons récapituler notre passé de manière créative, transformer un héritage non choisi en fondement de notre liberté, comprendre ce que notre passé a fait de nous et décider d’en faire quelque chose de nouveau. Il faut parfois aussi savoir s’alléger, oublier pour continuer à avancer » (page 272).

Le bateau de Thésée

En lisant l’un des derniers numéros du magazine Sciences humaines, j’ai découvert le motif du bateau de Thésée autour de la notion d’identité que je ne connaissais pas, et dont le nom a été repris dans un manga d’ailleurs. Il est parfaitement en phase avec le contenu du livre de Charles Pépin, vous le constaterez vous-même.

Extrait : « Imaginez un navire tellement vieux que toutes les pièces finiraient par être remplacées : chaque planche, chaque clou, chaque morceau de bois ou de tissu… Plus rien ne serait d’origine ! Est-ce toujours le même bateau ? Cette question obsède les philosophes depuis l’Antiquité. Certains pensent qu’il conserverait tout de même son identité, d’autres qu’il en changerait à force d’être modifié, résume Plutarque dans sa Vie de Thésée (1er siècle). Aujourd’hui encore, le motif du bateau de Thésée est mobilisé pour réfléchir à ce qui nous définit, par des philosophes comme David Lewis, Derek Parfit et Richard Swinburne dans Identité et survie (Ithaque, 2015). Comme tous les êtres vivants, nous ne cessons de changer au fil du temps. Nos cheveux tombent et d’autres repoussent ; les cellules de notre peau ou de nos organes meurent et sont remplacées ; notre corps, constitué d’environ deux tiers d’eau, se déshydrate et se réhydrate constamment, etc. Sommes-nous vraiment la même personne à 5 ans, à 25 ans et à 75 ans ? Traditionnellement, de nombreux philosophes considèrent que l’identité est fondée sur la mémoire : contrairement au bateau de Thésée, nous restons la même personne parce que nous avons conscience de nos états passés, présents, et du lien entre les deux. C’est notamment la thèse de John Locke dans ses Essais sur l’entendement humain (1689). Le problème, c’est que les recherches en psychologie ont depuis montré que nos souvenirs étaient souvent faux. Nous réinventons régulièrement notre passé en fonction de ce que nous sommes aujourd’hui… » Sciences humaines n ° 374, janvier 2025.

Pour approfondir, lire mes articles précédents sur la mémoire :

Le courage

Avez-vous vu le film A plein temps avec Laure Calamy qui court de sa banlieue de l’Essonne vers le palace parisien où elle travaille comme cheffe de rang pendant des grèves monstres des transports parisiens, tout en élevant seule ses enfants ?

Un film social filmé comme un thriller haletant par le réalisateur Eric Gravel qui m’a beaucoup touchée. En apnée pendant tout le film, je me demandais à chaque minute : « Mais comment fait-elle pour tenir ? ». Pour moi, c’est ça le courage. Et pour vous ?

On a chacun, chacune, sa définition ou sa représentation, héritée de son histoire personnelle bien sûr, de son vécu, des personnes inspirantes de son entourage, mais aussi de son imaginaire littéraire, cinématographique, artistique …

Il est intéressant de revenir à l’étymologie du mot courage : « coeur, siège des sentiments ». Pour Blanche de Richemont que j’ai eu la chance d’écouter parler de son livre Allez courage ! paru aux Presses de la cité, « avoir du courage, c’est avoir du coeur à l’ouvrage, donc de l’ardeur. C’est répondre à l’appel de ce qui nous grandit et de ce qui grandit les autres. » Son conseil pour nous aider à avoir du courage : « accrocher son regard à une étoile, quelque chose qui nous élève, nous anime. Se frotter à la beauté du monde. Et rire ».

Le courage est la capacité d’affronter le danger dans un but légitime, en prenant la mesure des risques encourus. Il est la version contemporaine, moins spectaculaire et visible, de l’héroïsme, plutôt centrée sur la persévérance ou l’endurance, et la notion de responsabilité. Nous retrouvons le personnage joué par Laure Calamy dans cette définition.

Si je prends ma caquette d’accompagnante, j’ajouterais : pour l’éthique du coach, et sa responsabilité dans la relation nouée avec ses clients, je propose ici quelques réflexions à mener pour nous guider dans l’exercice de notre métier. Je m’arrêterais notamment sur la notion de fragilité ou de vulnérabilité qui peut paraître contre-intuitive dans la représentation que l’on se fait du coach.

« L’éthique du soin et du souci de l’autre se déploie dans l’invisibilité, c’est-à-dire dans un contexte qui n’a plus rien de public. On peut l’illustrer par l’activité des métiers du soin ou des travailleurs sociaux, par exemple, ou par le dévouement en général. A la lumière de Marcel Mauss, la vérité secrète qui guide de tels comportements est que la forme de don de soi qui s’y pratique s’attache précisément à se faire discrète et aussi légère que possible, afin de ne pas imposer à ses bénéficiaires l’obligation de rendre quoi que ce soit à leurs bienfaiteurs. Le souci des seconds est de ne pas mettre en dette les premiers. A travers leur incognito, on perçoit que le courage peut se trouver en étroite proximité avec l’humilité. Si cette forme de grandeur ne s’affiche pas, elle ne semble pas moins vertueuse que le courage à l’antique. Combinée avec le constat de la modernité de la persévérance de Pénélope, une telle observation conduit à relativiser encore la distinction entre les deux formes de courage. Il suffit pour cela de mettre en lumière la composante relationnelle de la vertu antique et, symétriquement, la grandeur cachée de l’endurance moderne, celle d’un héroïsme quotidien » (page 151, Ethique de la pratique ordinaire, Pocket, 2021, Pierre-Olivier Monteil)

« Cette approche met sur la voie d’un courage par sollicitude, à travers le fait de s’exposer aux attentes de l’autre en difficulté, qui compte sur moi pour l’aider. Sa fragilité en appelle à ma capacité de lui répondre, c’est-à-dire, répétons-le, à ma responsabilité. La fragilité nous oblige. Comme l’observe Ricoeur, quand un enfant naît, « du seul fait qu’il est là, il oblige. Nous sommes rendus responsables par le fragile ». Le courage puise à une source relationnelle. C’est l’autre qui me rend courageux pour lui venir en aide. C’est lui qui me permet d’être persévérant, car il compte sur moi pour tenir ma promesse. Il me donne la force d’intervenir par la confiance qu’il me porte. Le courage consiste à assumer ma propre fragilité, celle que je partage avec l’autre, comme avec tous les autres. » (page 152, Ethique de la pratique ordinaire, Pocket, 2021, Pierre-Olivier Monteil)

« Le courage est l’art de commencer, ainsi que le souligne Vladimir Jankélévitch. Il constitue une valeur non thésaurisable, car elle ne se conjugue qu’au présent : on n’est courageux qu’en situation. Ce n’est donc pas tant une compétence qu’une capacité à réagir et à se risquer. Elle suppose moins une sorte d’expérience accumulée dans le passé qu’un certain état de disponibilité au présent, un humeur éveillée, une curiosité attentive et entreprenante, une réceptivité au fait même de vivre, qui pousse à intervenir. » (page 155, Ethique de la pratique ordinaire, Pocket, 2021, Pierre-Olivier Monteil)

« Il faut du courage pour vivre et travailler ». Trois sortes de courage sont requises de nous, et j’y vois encore une fois un guide pour la pratique du coach :

  • Le courage de s’engager (commencer, prendre des responsabilités, entrer dans l’échange, assumer, approuver ce que l’on fait) pour dire oui à la vie, malgré ses incertitudes. Le courage de s’engager s’enracine dans la capacité à se recevoir soi-même, avec ses compétences et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts, dans cette existence, aussi contingente soit-elle.
  • Le courage de continuer et de persévérer dans l’échange. Dans le milieu professionnel, la difficulté consiste à pratiquer la grande loi de réciprocité dans l’échange, en combinant à la fois une exigence d’égalité entre les personnes et de respect des différences, entre les statuts, les métiers, les âges et les sexes.
  • Le courage de terminer et de sortir de l’échange. Une propension spontanée nous porterait à poursuivre notre activité sans relâche, dans une logique de rétribution (ou de don/contre-don). Le courage de terminer est celui de pardonner. Il est d’une grande utilité dans les conflits, les relations de travail en général ou la conduite des entretiens d’évaluation en particulier. » (page 157, Ethique de la pratique ordinaire, Pocket, 2021, Pierre-Olivier Monteil)

Le courage en management. Notamment en misant sur l‘autorité plutôt que sur le pouvoir d’imposer, comme je l’ai écrit dans un autre article. « La dose de courage requis se trouve allégée par une autre énergie, à l’oeuvre en sous-main : la gratitude. Une autre forme de courage réside dans la capacité à suspendre son geste et à ne pas agir. Attendre et aviser, ne pas céder à l’urgence et patienter. Pour réfléchir, échanger, prendre du recul. Avant tout ne pas nuire, conformément au précepte attribué à Hippocrate. » (page 160, Ethique de la pratique ordinaire, Pocket, 2021, Pierre-Olivier Monteil)

L’ultime courage ne consiste t-il pas à apprendre à vivre avec la peur et la mort ? Les humains, cette drôle d’espèce qui a la certitude de sa finitude dès le début de son existence… « Nous nous efforçons d’apprendre ce que nous oublierons, nous aimons ceux qui disparaîtront, nous soignons ceux qui s’effacent. Nous sommes des êtres endurants. Cette contradiction essentielle – commencer ou recommencer ce qui s’achèvera – se rejoue à chaque instant ». Nos actions les plus essentielles ne portent-elles pas la marque de cette résistance au désespoir ? (page 175, Les débuts, Claire Marin, Editions Autrement, 2023).

Et pour finir, je citerais Nancy Houston : « La vie des primates sur la planète Terre est remplie de dangers et de menaces. Tous les primates tentent de s’en protéger en s’envoyant des signaux. Nous seuls fantasmons, extrapolons, tricotons des histoires pour survivre ; et croyons dur comme fer à nos histoires. » (page 11, Sois fort, Sois belle, Nancy Houston, éditions Parole, 2016).

Commencer

Opter pour le coaching : est-ce pour vous une lente maturation ou un événement en apparence brutal amenant une décision claire et nette : « je vais commencer un coaching » ? Qu’est-ce qui motive une telle décision ? Quelle représentation vous faites-vous du coaching ? La différence avec la thérapie est-elle claire pour vous ? Qu’attendez-vous de la personne qui va vous accompagner pendant quelques semaines ou quelques mois ? Pour quelles raisons la choisissez-vous ?

Toutes ces questions, vous les connaissez parce que vous vous êtes déjà fait coacher, ou vous vous les posez aujourd’hui parce que vous êtes dans une démarche de réflexion sur cette forme d’accompagnement dont on parle beaucoup, mais dont les spécificités ne sont pas forcément toujours très bien connues.

Avant de contacter un ou une coach, écrivez pour vous votre demande à son égard, le sujet va arriver très vite lors de votre premier échange.

Sans entrer dans les détails, vous pouvez souhaiter un coaching de développement, de soutien, de prise de décision, de résolution de problème, de mise en cohérence de sens et de choix de vie …

En m’interrogeant sur le début d’un coaching, qui compte dans le déroulement du process global d’accompagnement, et à mes propres débuts en tant que coachée, je me suis arrêtée sur la notion de commencement.

Comme nous le rappelle Pierre-Olivier Monteil dans son livre Ethique de la pratique ordinaire (Edition Pocket, 2021), « le courage est l’art de commencer » ainsi que le souligne Vladimir Jankélévitch. « Il constitue une valeur non thésaurisable, car elle ne se conjugue qu’au présent : on n’est courageux qu’en situation. Ce n’est donc pas tant une compétence qu’une capacité à réagir et à se risquer » (page 155).

Claire Marin vient de publier son dernier ouvrage Les débuts, par où recommencer ? aux Editions Autrement, 2023. Elle y aborde à sa place de philosophe et avec son style à la fois poétique et accessible la notion du « début » et aborde ainsi par effraction la métamorphose de l’identité, mon sujet phare. Depuis la maladie jusqu’aux différents cataclysmes ou événements heureux de l’existence qui constituent notre identité. A quoi reconnaît-on les débuts ? Par des ruptures ou des mouvements de places ? Par des inaugurations ? Par des émotions et sentiments ressentis ?

Voici ci-dessous quelques extraits tirés de cet ouvrage dont je vous recommande la lecture :

« Le début à la différence du commencement, est une expérience verticale du temps. Le début tranche, il interrompt le temps, là où le commencement s’y écoule paresseusement. La poésie des débuts est dans la beauté de l’inachevé, l’évanescence de ce qui a tout juste commencé à être… Tout début est un don qu’on interprète de manière singulière. » (page 37)

Ainsi, selon Henri Bergson, le « déroulement de notre durée ressemblerait par certains côtés à l’unité d’un mouvement qui progresse. Les états intérieurs du sujet ne pourraient pas être distincts … aucun d’eux ne commence ni ne finit, mais tous se prolongent les uns les autres. Vivre est un enroulement perpétuel, comme celui d’un fil sur une pelote, car notre passé nous suit, il se grossit sans cesse du présent qui ramasse sur sa route. » (pages 52 et 53) Est-ce compatible demande Claire Marin avec le chaos intérieur des crises que nous traversons parfois, à l’adolescence ou en milieu de vie ?

« Il n’est pas rare que les idées qui vont nous occuper toute une vie nous apparaissent à l’improviste » Clément Rosset

« Je crois prendre une décision, mais il se pourrait que j’en ignore les véritables motifs, le travail souterrain qui s’opère en moi. Y a t-il un jour, un instant précis où nous décidons d’être celui que nous sommes devenus ? (page 67)

A travers nos romans familiaux, les débuts sont récités, répétés, (ré)interprétés. Selon Paul Ricoeur, c’est l’individu qui interprète son commencement, ma vie a commencé avant moi : « La question de notre naissance est en fait celle de notre commencement. Quand ma vie commence t-elle ? Plus exactement, à quel moment, je commence ? … Je procède d’un mouvement que je n’ai pas initié … Me voilà dépossédé du début et de la décision de mon existence… Paradoxalement, ce n’est que par la subjectivité que la naissance pourra être un commencement … (page 100)

« Raconter son histoire, c’est toujours aussi raconter l’histoire de tous ceux dont la vie a été entremêlée à la nôtre, c’est dévoiler un pan de leur existence qu’ils pourraient préférer ne pas voir exposé, c’est parfois trahir… C’est peut-être parce que j’appréhende les effets d’un récit que je ne parviens pas à le commencer. Peut-être enfin parce que je crains la violence de ma propre histoire. Mon histoire n’est parfois qu’un rempart contre une vérité trop vive, une façade dissimulant l’impossible récit. Je me raconte des histoires pour ne pas raconter la mienne ». Comment libérer le récit et (re) devenir l’auteur de son histoire ? (pages 111 et 113)

A lire aussi : « L’amour est la seule chose qui contrecarre l’absurdité de l’existence »

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