Coups de coeur de l’été

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Pour se cultiver tout en bronzant sur la plage, je vous partage mes coups de coeur de l’été.

Tout d’abord, sur France Inter, à écouter en podcasts l’émission Le goût des nôtres par Laurent Delmas chaque samedi, de 10h à 11h : Famille je vous aime, famille je vous hais, famille vous êtes filmée ! La famille dans tous ses états au cinéma. Cela vaut le coup d’oreille, notamment pour les cinéphiles, avec de larges extraits que l’on se ravit de réentendre à chaque fois.

Tiré de l’épisode Au nom du fils !, je ne résiste pas au plaisir de vous proposer  Allo maman bobo, petit délice de paroles, chantées par Alain Souchon et Catherine Deneuve.

Toujours sur France Inter (décidément, j’aime leur programmation estivale), Ça va pas la tête ! par Ali Rebeihi. Chaque jour de la semaine, de 9h à 10h, moment de pause et de réflexion, sur soi, les autres, et le monde qui nous entoure. Par exemple : Comment les Grecs devinrent philosophes ? Comment se réconcilier avec son corps ? Pourquoi remettre ses rêves et ses désirs au lendemain ? La liberté nous rend elle forcément heureux ? Comment préserver sa pudeur dans un monde impudique … Enjoy !

On ne s’en lasse pas, à écouter sans modération, les Grands entretiens avec Jean-Pierre Vernant, spécialiste de la Grèce antique et professeur honoraire au Collège de France, qui nous fait partager sa passion de la culture classique. Avec notamment l’histoire d’Oedipe. Fils de Laïos, roi de Thèbes, et de Jocaste, Oedipe est éloigné du palais familial dès qu’un oracle apprend à ses parents qu’il tuera son père et épousera sa mère. Devenu adulte, Oedipe accomplit son destin…

Les grands entretiens : http://www.rts.ch/archives/dossiers/3478335-les-grands-entretiens-avec-jean-pierre-vernant.html.

Et enfin 25 livres à (re)découvrir pour nourrir sa culture de l’égalité femmes/hommes, par Marie Donzel, qui nous livre quelques conseils de lectures inspirantes pour cultiver les valeurs de l’égalité et du leadership équilibré.

Pourquoi devient-on fille ou garçon ?

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C’est la question posée par Serge Hefez dans Le nouvel ordre sexuel, 2012, Editions Kero.

Il a voulu expliquer ce que sont le sexe et le genre, comment ils se construisent et comment ils nous construisent, pour désamorcer les peurs et libérer l’enthousiasme.

Selon ce psychiatre et psychanalyste, responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (1), « le sexuel est préalable à la différence des sexes, voire à la différence des genres, et ce dont il est question en psychanalyse ne concerne pas le sexe de la biologie, mais le sexe d’une anatomie  fantasmatique, d’une représentation inconsciente du corps profondément marquée par l’histoire de chaque sujet. Il y a plus d’un siècle,  Freud a montré que si l’opposition masculin/féminin est la plus rebelle à la pensée, elle n’est ni purement biologique, ni purement sociologique, ni purement psychologique, mais un mélange curieux des trois. S’il n’y a que deux sexes, nous hébergeons une multitude de genres ! Le masculin et le féminin se prolongent dans une infinité de figures d’avantage qu’ils ne s’affrontent dans un système binaire d’oppositions. L’inconscient puise peu à peu dans chaque histoire singulière les matériaux de la construction ultérieure de la distinction de sexe. Dans chaque histoire, mais aussi dans le contexte historique et culturel dans lequel nous baignons. Nous nous trouvons complètement ficelés, contraints, contenus par une multitude d’injonctions, de prescriptions, de représentations, de projections, de règles héritées de notre environnement personnel, familial, social, culturel, religieux, qui nous dictent au plus intime de nous-mêmes comment modeler ce sexuel infantile infiniment fantaisiste. Au point que certains prennent parfois ce modelage pour de la « norme » ou même de la « nature ». »

Le mérite de la recherche de Serge Hefez est d’avoir tenté d’explorer « les fantômes, les transmissions, les héritages, qui transforment les questions autour du genre en bombes à retardement, et affolent nos capteurs, au point de nous priver de la clairvoyance et de la confiance nécessaires pour aborder sereinement nos révolutions. »

Psychanalyste, il rejoint le postulat des sociologues cliniciens qui affirment avec lui que savoir, comprendre d’où l’on vient, et ce qui travaille en nous, ce qui nous propulse et ce qui nous retient, ce qui empêche ou pas la transformation, quelle qu’elle soit, est indispensable pour rendre le changement possible.

Cet effort d’exploration de son identité, y compris son identité de genre, est gagnant, car il apporte la connaissance et le développement de soi, une libération intérieure, source de sérénité et d’acceptation des différences, les siennes et celles des autres. C’est un message d’espoir, et c’est la raison pour laquelle je vous conseille cet ouvrage, qui m’a personnellement bien éclairée.

(1) Serge Hefez est l’auteur de nombreux ouvrages, dont La danse du couple (Hachette Littérature, 2002), Antimanuel de psychologie (Bréal, 2009), Scènes de la vie conjugale (Fayard, 2010). Lien vers son blog.